Le mal court, encore et toujours. Le mal revient, le mal augmente, le mal prospère. Ici un chauffeur d’Uber fait sortir un client de sa voiture parce qu’il est juif. Là un mur est souillé d’un slogan de haine ou d’un appel au meurtre. Ici, là, un peu partout, les insultes fusent, les menaces de mort se répandent, les messages empoisonnés infestent la toile.
Un raz-de-marée ? Certes non. Mais une flambée, à coup sûr. En trois semaines, depuis le 7 octobre, on a recensé plus d’actes antisémites en France que pendant toute l’année 2015, lors de la dernière recrudescence, peu après les attentats islamistes. Les Français juifs sont angoissés, ils retirent les mezouzas de leur porte, ils renoncent à porter la kipa dans la rue, ils évitent certains quartiers à l’approche de la nuit, ils changent leur nom pour commander un taxi ou un repas chez Uber eats. Que dire ? Sinon que sept décennies après la fin de la Seconde guerre mondiale et plus un siècle après l’affaire Dreyfus, cette résurgence hideuse est une honte pour la République.
...
