Certains me le reprochaient sur le thème « on ne dîne pas avec le diable ». Il m’avait semblé que puisque l’extrême-droite représentait en France plus d’un quart des électeurs, il était de meilleure politique d’argumenter pied à pied contre elle plutôt que de se retirer sur un Aventin commode. Les réactions que je pouvais recueillir auprès de spectateurs qui me croisaient ici ou là me montraient d’ailleurs que l’audience de la chaîne est loin d’être composée uniquement de sympathisants de tel ou tel parti extrême. Certains, à gauche, s’étonnaient de m’y voir régulièrement, ce à quoi je répondais : « Vous la regardez régulièrement, donc ? » Aussi bien, les animateurs de la chaîne et sa direction me laissaient toute latitude pour m’exprimer et m’accueillaient, il faut le dire, avec une courtoisie constante, Pascal Praud notamment.
Mais cet été, sous l’impulsion de Vincent Bolloré – par Arnaud Lagardère interposé – le Journal du Dimanche a été soudain arraisonné et sa direction remplacée par de jeunes journalistes qui ne faisaient pas mystère de leur proximité avec Éric Zemmour, de leur adhésion aux thèses extrêmes qu’il professe et qu’eux-mêmes défendaient très ouvertement là où ils s’exprimaient.
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