Toujours cette pieuse manie de ne pas voir ce qui dérange… À Saint-Denis, dans le chantier archéologique « préventif » (avant travaux publics) ouvert en centre-ville, sept ou huit jeunes femmes archéologues sont victimes depuis des semaines d’un harcèlement de rue systématique. Des passants – mais aussi des passantes – leur reprochent leurs tenues légères (il fait chaud, elles sont en débardeurs), leurs poses « suggestives » (elles sont accroupies pour gratter la terre), leur activité, qui consiste, entre autres, à mettre à jour des ossements (c’est sacrilège) et même leur simple présence (ce n’est pas un métier d’hommes, leur disent certaines femmes, elles feraient mieux de rester à la maison).
La mairie a apposé des affiches pédagogiques pour inciter à un comportement plus respectueux : elles ont été arrachées. Les responsables du site envisagent de porter plainte. Les édiles (socialistes) ont prévu de placer des caméras de surveillance et d’infliger des amendes aux contrevenants.
...
