Fernando Villavicencio, candidat centriste à l’élection présidentielle en Équateur, a été abattu de trois balles dans la tête en sortant d’un meeting électoral. Neuf autres personnes ont été blessées lors de l’attentat, qui porte la marque des « sicarios », ces tueurs à gages stipendiés par les trafiquants de drogue latino-américains. Journaliste, crédité d’une deuxième place dans les sondages, Fernando Villavicencio était connu pour ses dénonciations virulentes de la corruption qui touche la démocratie équatorienne. Dans son dernier discours, qui prend une résonance tragique, il avait évoqué les menaces qui pèsent sur la vie des Équatoriens et de leurs représentants rétifs au pouvoir des narcos.
Vu d’Europe, l’événement paraît à la fois lointain et dramatiquement banal. Les assassinats d’élus sont monnaie courante depuis des décennies dans les pays où sont implantés les grands cartels de la drogue. Le fléau, qui a causé au fil des ans des centaines de milliers de morts, est profondément enraciné dans les sociétés latino-américaines, où les gigantesques profits nés de la vente des stupéfiants ont procuré au crime organisé une puissance hors du commun, capable de défier les gouvernements eux-mêmes, à la manière d’un État dans l’État.
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