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En net progrès, les socialistes ! On se désespérait de voir les élucubrations de LFI amuser le tapis médiatique à chaque rentrée, éclipsant le reste de la gauche. Cette fois, les bombinettes de Mélenchon ont fait long feu et ce sont les socialistes qui donnent le la en présentant un contre-budget et en revendiquant Matignon. Tout arrive…
Bien sûr, la copie laisse à désirer : l’abrogation de la réforme des retraites, prévue dans ce contre-budget, laisse entière la question du retour indispensable à l’équilibre, que les socialistes semblent remettre aux calendes grecques ; la réduction du déficit – 3% en 2032 – s’apparente à une course de lenteur, alors qu’on sait fort bien qu’il faudra de toutes manières, même en ponctionnant les grandes fortunes, chose légitime, trouver des économies sur les dépenses, ne serait-ce que pour financer la transition écologique et le réarmement européen. Mais enfin, l’opération de Blois atteint deux objectifs : rappeler que le PS est un parti de gouvernement ; montrer qu’il peut se déterminer en toute indépendance, débarrassé de l’emprise LFI. Vive la liberté !
Ce qui ne suffit certainement pas à résoudre les problèmes politiques de l’heure. Un sondage Elabe paru dans La Tribune-dimanche en donne la mesure : en cas de législatives, le RN continue de dominer le scrutin, avec une chance de gagner tant le comportement de LFI affaiblit d’avance une éventuelle tactique de « Front républicain ». Et si l’on évite cette calamité, on se retrouve, de toutes manières, avec une Assemblée nationale tout aussi ingouvernable que l’actuelle, ce qui risque d’acculer Emmanuel Macron à la démission, alors même que la gauche n’est pas prête pour la présidentielle. La dissolution est tout sauf une solution.
Il y a très peu de chances qu’un Premier ministre de gauche soit nommé après Bayrou : il s’appuierait sur quelque 120 députés sur 577, un socle si étroit que la première motion de censure venue le jetterait aussitôt bas. En fait, le contre-budget du PS remplit une seule fonction : il peut servir de base à une négociation de non-censure avec le futur Premier ministre, qui accepterait, li, d’écouter un tant soit peu la gauche. C’est la seule issue acceptable à la crise : un budget de compromis qui assure une stabilité politique minimale. Ainsi le pays pourrait attendre sans trop de casse les échéances normales – municipales puis présidentielle – et les partis préparer le projet qu’ils souhaitent présenter aux électeurs.
Ce compromis sera difficile à trouver : entre le budget du PS et celui de l’actuelle majorité (relative), le fossé est pour l’instant profond. Mais à moins de
passer le même type d’accord avec le RN, ce qui extrême-droitiserait les centristes, c’est la seule solution viable. Les autres n’auront d’autre effet que d’accentuer la crise, de heurter l’économie et de décourager un peu plus l’opinion.
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