LEÇONS DE LA CANICULE DE MAI
Les fortes chaleurs qui frappent la France depuis une semaine, inédites à cette période de l’année, confirment la justesse des avertissements lancés par les tenants de l’écologie. Mais pas n’importe lesquels…
Que faut-il de plus pour se débarrasser enfin de l’obscurantisme climato-sceptique ? La canicule qui bouscule depuis une semaine la société française donne une idée des effets désastreux du dérèglement climatique qui nous attend si l’humanité échoue à changer de modèle de production.
Car on sait que l’activité humaine est à l’origine de cette crise, en raison d’un modèle de croissance encore fondé sur l’usage massif et indéfini des énergies fossiles. Ceux qui pourraient encore en douter doivent lire l’excellente enquête publiée lundi par Le Monde sur la longue marche des scientifiques vers la compréhension du phénomène, dont les mécanismes sont désormais établis sans contestation possible.
Décroissance ou transformation productive ?
Serait-ce le triomphe des thèses défendues par le Parti écologiste de Marine Tondelier ? Pas exactement. C’est la leçon essentielle livrée par cet épisode de forte chaleur qui frappe l’opinion. Dès les premières lignes du projet des Verts, rédigé il y a moins d’un an, on lit cette phrase : « Nous portons un projet de décroissance de la production matérielle pour une répartition équitable des communs, du travail et des richesses. » La décroissance, donc…
L’ennui, c’est que les solutions partout proposées pour enrayer cette machine infernale vont dans un sens rigoureusement contraire : elles supposent toutes un investissement massif qu’une économie en pleine rétraction serait bien en peine de financer. Accélérer l’isolation des bâtiments, multiplier les pompes à chaleur, électrifier rapidement les processus industriels, produire des véhicules électriques dont l’achat serait facilité par le « leasing social », développer les transports collectifs, mettre en œuvre un nouveau modèle agricole, notamment dans l’élevage, grand émetteur de GES, accroître enfin la production d’énergie propre grâce à la construction de centrales nucléaires, d’éoliennes et de panneaux solaires, tout cela implique un énorme effort industriel et de recherche technologique appuyé sur les ressources financières adéquates.
Investir pour la transition écologique
Comment dégager les moyens nécessaires si la production décroît (et donc le revenu national), asséchant les budgets publics faute de recettes fiscales, réduisant le chiffre d’affaires des entreprises et diminuant le pouvoir d’achat des ménages, qui ne pourront dès lors réunir les fonds nécessaires à la mise aux normes de leurs logements, ni s’équiper en véhicules propres ? Ajoutons à cette aporie le discours lunaire d’une Sandrine Rousseau, qui exige la sortie du nucléaire au moment où il n’a jamais été aussi nécessaire…
La leçon est limpide : il s’agit de changer de modèle de production et non de réduire la production. Émerge ainsi une écologie positive, tournée vers la science et le développement, non vers une austérité décourageante et une sobriété autoritaire. Ces investissements massifs auront en effet deux vertus : créer des activités nouvelles, génératrices d’emplois et de revenus pour les travailleurs ; rétablir progressivement la souveraineté française, libérée de sa dramatique dépendance à l’égard des énergies fossiles qu’elle doit importer de l’étranger à prix d’or, dans un monde instable et imprévisible. En un mot, la mutation écologique, ô combien nécessaire, suppose la mutation préalable de la doctrine écologiste.
Pour un socialisme démocratique renouvelé et indépendant,
Je soutiens LibreJournal.fr
En se déclarant très tôt candidat à la présidentielle de 2027 et en recueillant le soutien des ténors de son mouvement, le leader de La France insoumise s’est imposé, juste derrière Édouard Philippe, comme un possible adversaire du Rassemblement national. Lire l’article
Coups d’éclat ratés, rapports de force mal maîtrisés … le président américain accélère chaque semaine l’affaiblissement international des États-Unis. Tandis que le trumpisme continue de bomber le torse, le reste du monde apprend à lui tenir tête et le contourner. Lire l’article
Dans son livre « Nous avons encore envie ; pour un sursaut patriotique », le leader de Place Publique nous propose un nouveau contrat fiscal et social pour que la gauche reconquière le camp des travailleurs laissé depuis des décennies au Rassemblement national. Lire l’article
Démonstration de puissance, patience stratégique et rapports de force soigneusement mis en scène… Après avoir reçu successivement Trump et Poutine, Xi Jinping orchestre une séquence diplomatique faisant de Pékin le nouveau centre de gravité de l’ordre international. Lire l’article
Le traitement indigne infligé par le ministre Ben Gvir aux militants de la flottille pour la Palestine symbolise le sort réservé à la Cisjordanie par le gouvernement Netanyahou. Lire l’article
LibreJournal.fr a 3 ans et il a déjà beaucoup grandi, mais nous avons besoin de vous !
Pour nous soutenir, deux formules d’abonnement : annuelle (80€/an) ou mensuelle (4€/mois).