Soyons francs : deux propositions corses sont également vraies. La Corse, c’est la France : même lois, langue commune, souvenirs et histoire partagée de plus de deux siècles, nombre de Corses dans la vie politique de la République depuis des lustres, fraternité de la Résistance, volonté maintes fois réaffirmée par une majorité de résidents de rester dans le giron national, même dans l’autonomie. À cela s’ajoute cette étrangeté de l’Histoire : le Français le plus connu au monde est un Corse : Napoléon Bonaparte, avec lequel les Corses entretiennent des rapports aussi ambigus qu’admiratifs.
Mais la Corse, ce n’est pas tout à fait la France : conquête brutale et sanglante au 18ème siècle, brève indépendance sous Pascal Paoli pendant la Révolution, langue locale vivace, culture riche et originale, force électorale impressionnante des autonomistes et des nationalistes. Sur les anciennes cartes de géographie, les Français plaçaient la Corse dans un cartouche qui la collait au continent, alors qu’elle est proche de l’Italie et que son histoire propre remonte à l’Empire romain. Les Corses ont leurs défauts, comme tout peuple, mais ils savent s’en moquer, comme en témoigne le succès de deux albums satiriques, best-sellers sur l’île, L’enquête corse de Pétillon et Astérix en Corse d’Uderzo et Goscinny. Prémisses d’une identité adulte…
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