Désastreuse valse-hésitation sur le projet de loi immigration. Le gouvernement avait un texte, mais il court après la droite pour obtenir une majorité à l’Assemblée, laquelle court après le Rassemblement national pour tenter de récupérer ses électeurs perdus. Du coup, le projet est sans cesse renégocié, remanié, marchandé pour tenter de résoudre cette quadrature du cercle anti-immigration, sous les quolibets goguenards des lepénistes.
Une certitude à ce stade : les amendements de la droite sont inacceptables pour tout humaniste. Refus de toute régularisation, remise en cause du droit du sol, restriction du regroupement familial, quasi suppression de l’Aide médicale pour les sans-papiers : la droite républicaine écorne la tradition républicaine dans l’espoir d’amadouer ceux qui n’aiment pas la République ; elle souscrit à l’air du temps qui impute aux étrangers l’essentiel des maux qui affligent les Français, dans un syndrome du bouc émissaire. La gauche a raison de mener sur ce point une bataille culturelle en rappelant que la grande majorité des immigrés ne veulent rien d’autre que trouver leur modeste place au soleil dans la société française, qu’ils forment une bonne partie de ces « travailleurs de première ligne » qu’on louait tant pendant la pandémie de Covid et que s’ils respectent les lois et vivent en bonne intelligence avec le pays d’accueil, ils sont ici chez eux.
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