Le capitalisme financier nous réserve-t-il une de ces cataclysmiques surprises dont il a le secret, produite, comme toujours, par l’incroyable cupidité des acteurs ? La question mérite d’être une nouvelle fois posée quand on recense les signaux annonciateurs de crise qui sont apparus ces dernières semaines. Ils sont tous liés à un phénomène parfaitement prévisible, mais que nombre de manitous de la finance n’avaient pas prévu : la remontée des taux d’intérêt.
Le soutien de la croissance, les dépenses liées à la pandémie de Covid et la peur d’une révolte sociale ont conduit les grands pays à une création monétaire massive, très supérieure à la croissance des biens et des services. Pendant un temps, écoutant les prêches rassurants dispensés par une ribambelle d’experts, pour qui la concurrence internationale interdisait toute hausse excessive des prix, on a cru la maladie impossible. Las ! L’ironique devise des économistes s’est une nouvelle fois confirmée : « always wrong, never in doubt » (« ils ont toujours tort mais de doutent jamais »). L’inflation a donc fait sa réapparition en Occident, comme il arrive généralement quand on fait marcher frénétiquement la planche à billets, amputant le pouvoir d’achat des travailleurs et incitant les autorités monétaires à réagir : les taux d’intérêt, proches de zéro pendant des années, sont remontés brutalement. Avec trois conséquences angoissantes :
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