LES COULISSES EN LIGNE
PS : Olivier Faure veut garder la main
Battu avec seulement 14,4 % des voix à la primaire de la gauche, Olivier Faure ne lâche pas le morceau et entend montrer qu’il demeure le patron du Parti socialiste. Fidèle à sa stratégie d’union, il cherche à attirer Raphaël Glucksmann plus à gauche.
Ainsi, au dernier bureau national qu’il a convoqué mardi 20 octobre, il a annoncé qu’il ne voterait ni le budget de l’État ni celui de la Sécurité sociale. Sachant que Raphaël Glucksmann ne peut s’y rendre, il participe à la manifestation contre le RN à Orléans… dans le même cortège que Bally Bagayoko, le maire LFI de Saint-Denis, pourtant ambigu sur la violence…
Il garde enfin la main sur les circonscriptions des élections législatives et délivre l’argent du Parti socialiste avec parcimonie, signant un premier chèque pour la campagne du candidat à la présidentielle de 500 000 euros sur les quelque 2 millions qu’il devra lui payer.
Glucksmann et Faure se marquent à la culotte
Jeudi 22 octobre, journée surréaliste dans la vie d’un journaliste. À 12 h 14, sur un message WhatsApp, on a la confirmation que Raphaël Glucksmann se rend à la réunion des partis politiques à Matignon pour échanger sur le maintien de l’ordre samedi lors des manifestations. Il sera accompagné, est-il écrit, dans l’ordre, de sa coprésidente Aurore Lalucq, des deux présidents des groupes socialistes Patrick Kanner au Sénat, Boris Vallaud à l’Assemblée nationale… Et enfin d’Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti socialiste étant le dernier sur la liste.
À 13 h exactement, un mail, cette fois en provenance du Parti socialiste, annonce qu’Olivier Faure se rendra à 14 h 30 à Matignon pour la même réunion, accompagné dans l’ordre de Boris Vallaud, Patrick Kanner et… Raphaël Glucksmann, à son tour, en queue de liste.
À se demander lequel des deux, entre le candidat à la présidentielle et le premier secrétaire, respecte l’ordre protocolaire ? Et pourquoi chacun des deux a cru bon de placer l’autre en dernier ?
François Hollande et le mois de janvier
Le 1er décembre 2016, François Hollande est à 13 % de popularité, le niveau le plus bas des présidents de la Ve République. Même Emmanuel Macron demeure deux points au-dessus de lui. À six mois de la présidentielle, Hollande est pressé de toutes parts. Ses proches l’incitent à renoncer à se présenter en mai 2017. Son Premier ministre, Manuel Valls, plaide pour lui-même : le président doit lui céder la place de candidat, et se désister pour lui laisser le temps de préparer sa propre candidature.
Empêtré dans la perspective d’une primaire qu’il ne pourra pas remporter, François Hollande se laisse convaincre et annonce dans une courte allocution à la télévision qu’il ne se présentera pas à la prochaine présidentielle.
Or, le 25 janvier 2017, le Canard enchaîné révèle la rémunération de la femme de François Fillon, Pénélope, comme assistante parlementaire de son mari sans preuve de sa collaboration réelle. Le jour même, le parquet national financier ouvre une information judiciaire. La suite est connue. Ce que l’on ne savait pas, c’est que dès lors, François Hollande regrettera d’avoir renoncé prématurément à sa candidature, convaincu qu’avec l’affaire Fillon, il avait une possibilité de gagner. Voilà pourquoi, dix années plus tard, il attend pour décider s’il aura, ou non, la fenêtre de tir pour y aller en… janvier 2027.
Édouard Philippe accélère les discussions avec ses soutiens
Désormais convaincu que Gabriel Attal va s’accrocher, et soupçonnant Bruno Retailleau de vouloir converger avec David Lisnard, le candidat Horizons à la présidentielle fait évoluer sa stratégie. Il attendait jusque-là, confiant, que les leaders de LR et de Renaissance tombent comme des fruits mûrs dans son escarcelle pour constituer autour de lui une vaste coalition de centre-droit.
Le voilà qui s’est décidé à consulter tous azimuts pour avancer en direct avec ses soutiens. Il faut dire que le temps presse : à seulement 15 % en moyenne dans le dernier sondage Ifop réalisé après les émeutes du 17 octobre, Édouard Philippe a reculé de 3 points en moins d’une semaine et de 6 points en trois semaines. Comme si le discrédit jeté ce jour-là sur Emmanuel Macron et le gouvernement l’entraînait dans sa chute…
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