Refus de parler à Élisabeth Borne, manifestation agressive contre « les violences policières », attaques frontales contre Fabien Roussel à la Fête de l’Huma, et même appel public à la révolution, façon prise du Palais d’Hiver, dans un très vintage retour à la filiation léniniste : Jean-Luc Mélenchon fait feu radical de tout bois, dans le style « capitaine tempête » qu’il affectionne. Question de tempérament, dira-t-on, ou bien nouvel avatar de la « stratégie de la confrontation » qui lui sert de boussole. Peut-être…
Mais peut-être, aussi, une amorce d’un virage sur l’aile. L’Insoumis en chef a pris acte d’une réalité politique : il n’y aura pas de liste commune de la NUPES aux élections européennes. Sans hésiter pour les Verts et les communistes, à reculons pour la direction du PS, chacun a choisi de courir sous sa propre casaque, remisant l’union à des jours meilleurs. Dès lors LFI court un danger majeur. Si, comme le prédisent les sondages, les listes de gauche s’équilibrent en voix, c’en est fini de l’hégémonie des Insoumis. Pourquoi les partenaires de Mélenchon resteraient-ils le doigt sur la couture du pantalon s’il est démontré que leur potentiel électoral n’est, a priori, pas inférieur à celui de LFI ? Il se pourrait même qu’une liste PS et gauche républicaine ramène les réformistes à égalité avec les courants radicaux. Monstrueuse perspective…
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