Perseverare, diabolicum… L’erreur de Marine Tondelier, qui a invité à son université d’été un rappeur au passé louche, pouvait se comprendre. Les citations de Médine qu’on lui opposait étaient anciennes, il était la cible de la droite et de l’extrême-droite, qu’il récusait dans ses textes, il arguait d’une conversion à l’antiracisme. On pouvait se tromper, errare humanum est. Mais une fois établis ses liens avec des associations influencées par les Frères musulmans et, surtout, depuis son tweet à forte connotation antisémite adressé à Rachel Khan, le doute s’était dissipé : le personnage n’est pas recommandable. Pourtant la cheffe écologiste a maintenu son invitation. Perseverare diabolicum. Persévérer, est diabolique…
Marine Tondelier en paie le prix politique. Plusieurs personnalités notables de l’écologie politique, Noël Mamère, Karima Delli, Sandrine Rousseau, ont condamné cette invitation, portant la zizanie à l’intérieur du parti vert. Et voici que deux maires écologistes importants, Jeanne Barseghian à Strasbourg, Pierre Hurmic à Bordeaux, ont annoncé qu’ils ne viendraient pas, ayant mieux à faire que d’assister à un débat douteux. Ainsi les Verts, plutôt que d’interpeller, en ces temps de canicule, le pouvoir et l’opinion sur les retards de la lutte pour le climat – qui leur importe en principe – se sont empêtrés dans cette grotesque et saumâtre série d’été sur les cinquante nuances d’antisémitisme qu’ils croient déceler.
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