LES COULISSES EN LIGNE
David Lisnard fera-t-il pschitt ?
Avec 106 parrainages, le maire de Cannes est sur le papier grand favori à sa reconduction à la présidence de l’Association des maires de France (AMF), que lui disputera le 26 novembre le maire UDI de Sceaux, Philippe Laurent, avec seulement 13 parrainages. Mais depuis qu’il vise la candidature à l’élection présidentielle, David Lisnard doit se méfier de ceux qui, comme le maire socialiste du Mans Stéphane Le Foll ou les maires communistes et apparentés, voient d’un mauvais œil le mélange des genres entre ses deux candidatures, à l’AMF et à la présidentielle.
Positionné au plan national comme ultra-libéral très à droite, David Lisnard est contraint sur le terrain de rassembler toutes les sensibilités politiques, de la gauche à la droite, s’il veut s’assurer du vote majoritaire des maires de France. Voilà pourquoi ce conservateur traditionnel doit veiller à ne pas se droitiser à l’extrême, au risque sinon de ne pas être réélu, alors que dans sa région, le sud de la France, les maires ont tôt fait de pencher vers le RN à l’instar de son ami, le maire de Nice Éric Ciotti.
Une contradiction de fond qu’il lui faut gérer habilement s’il ne veut pas lâcher la proie (l’AMF) pour l’ombre (la présidentielle qu’il n’a guère de chances de remporter). D’où le sentiment que ces zigzags d’un presque inconnu des Français pourraient conduire sa candidature à la présidentielle, où il a surgi à 7 % dans les sondages, à se dégonfler.
Primaire : Édouard Philippe campe sur son refus
Ils sont désormais d’accord, mais le candidat d’Horizons ne veut toujours rien entendre. Face à l’éparpillement des candidatures de droite à la présidentielle, le puissant président du Sénat Gérard Larcher s’est convaincu de la nécessité d’une primaire pour les départager. Il embarque avec lui son ami Bruno Retailleau, acquis à la nécessité d’en passer par là, mais aussi David Lisnard et Gabriel Attal. La date entre eux est fixée : celle-ci devrait avoir lieu au mois de janvier.
Cette détermination collective ne fait en rien fléchir Édouard Philippe, qui refuse toujours de participer à une primaire. Depuis le début, il se méfie des appareils politiques dont celui des LR, plus nombreux et mieux organisé que le plus petit et récent Horizons qu’il dirige. Pour refuser la primaire, il plaide qu’il n’y a pas de consensus sur le périmètre (avec ou sans Raphaël Glucksmann et Sarah Knafo), ni sur l’acceptation par tous les candidats du résultat final.
Édouard Philippe poursuit donc sa stratégie personnelle ; il s’apprête à réunir ses partisans successivement dans 13 régions de France pour défendre ses idées. Il y appellera au sursaut et à l’esprit de responsabilité.
Emmanuel Macron verrouille les postes de la République
Malgré les vives critiques et la dégringolade de sa popularité à moins de 14 %, qui le place en dessous du record d’impopularité de François Hollande en 2016, Emmanuel Macron ne se laisse pas démonter. Il ne cesse depuis plusieurs mois de placer ses amis à la tête des portefeuilles clés de la République.
Il suffit de faire l’addition des nominations auxquelles il a procédé depuis quelque temps pour s’en convaincre. Ainsi, ses proches de la première heure ont-ils récupéré les postes les plus enviés. C’est le cas de Richard Ferrand à la tête du Conseil constitutionnel, Amélie de Montchalin à la Cour des comptes, Marc Guillaume au Conseil d’État, Martin Adjari à l’Arcom, Olivier Sichel à la Caisse des dépôts et Emmanuel Moulin à la Banque de France.
Même le récent départ prématuré de Christine Lagarde de la Banque centrale européenne a, pour lui, l’objectif d’influencer la nomination de son successeur à Francfort. Et qu’importe si l’on sait déjà qu’il ne sera pas français.
Les SDF sous tension dans le centre de Paris
Un dégât collatéral des manifestations à répétition, depuis le 17 octobre dans le cœur de Paris : les sans domicile fixe (SDF) sont sur les dents. D’abord en raison de la présence policière renforcée d’une façon générale, encore plus samedi après samedi. Les forces de l’ordre empêchent alors les sans-papiers de circuler librement. Ensuite, la fermeture de nombreuses stations de métro – encore 16 d’entre elles ce samedi 7 novembre – qui s’ajoute au couvre-feu déjà instauré à 23 heures depuis trois semaines aux stations Châtelet et République, leur interdit en outre de passer la nuit à l’abri sous terre comme ils en avaient l’habitude.
La situation rend les SDF nerveux et provoque parmi eux une violence inhabituelle. D’autant plus pour ceux qui viennent chercher leur nourriture pendant la journée dans le centre de la capitale et sont désormais empêchés de s’y rendre.
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