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Censure d’un concert de la DJ Barbara Butch, justifications honteuses ânonnées par Manuel Bompard : LFI prête de nouveau la main à une campagne aux fortes connotations antisémites.
Errare humanum est, perseverare melenchonum… Les militants insoumis poussent en général des cris d’orfraie quand on les accuse d’antisémitisme ; ils pourraient, pour une fois, s’en prendre aux vrais responsables de ces accusations : les dirigeants de leur mouvement. On aurait pu supposer, en effet, qu’une fois la campagne de Mélenchon lancée, ils se seraient abstenus de se lancer dans une nouvelle campagne hautement louche, aux fortes connotations antisémites. Las ! C’eût été bien mal connaître la stratégie médiatique des chefs insoumis. Elle s’apparente à celle de Donald Trump : ne jamais reconnaître une erreur, mentir autant que nécessaire, attaquer toujours.
Barbara Butch ciblée par des militants
Ainsi du cas exemplaire de Barbara Butch, jeune DJ qui avait mis en rage l’extrême droite au cours de la cérémonie parisienne des Jeux olympiques, à l’été 2024, parce qu’elle trônait au centre d’un banquet qu’on avait abusivement assimilé à la Cène. Depuis des semaines, cette jeune femme est harcelée par les militants de la gauche radicale pour avoir signé une pétition en faveur de la proposition de loi Yadan, qui visait à mieux réprimer l’antisémitisme, mais qui était accusée par la même extrême gauche de faire le jeu des dirigeants israéliens « génocidaires ». Circonstance aggravante aux yeux des activistes : Barbara Butch est juive et se revendique comme telle.
Poursuivant la jeune DJ de leur vindicte, certains de ces militants « antisionistes » ont perturbé un concert qu’elle donnait avant-hier à Grenoble, obtenant son interruption à force d’insultes, de sifflets et de jets de bouteilles. Fausse surprise : au lieu de condamner cette censure, ou bien de s’abstenir prudemment de l’encourager, la section grenobloise de LFI et son député local ont soutenu l’action de censure, et les responsables nationaux de LFI ont emboîté le pas.
Manuel Bompard défend une « critique politique »
L’interruption du concert n’est pas une censure, a dit Manuel Bompard, mais une critique politique, et si ces actions restent pacifiques, elles sont légitimes. Ainsi, la censure d’un spectacle musical fait soudain partie des outils acceptables du combat politique ; quant au concept d’« action pacifique », il a reçu une intéressante extension. Le jet de bouteille est donc pacifique, selon Bompard, qui n’émarge plus chez Marx, mais chez Orwell. Au fond, pourquoi s’arrête-t-il en si bon chemin ? À quand l’autodafé pacifique des livres écrits par des Juifs ? L’interdiction gentille des meetings adverses par des militants pacifiquement armés de matraques ? Ou l’exquise et délicate agression des Juifs portant une kippa dans la rue ?
Les oxymores grotesques de Manuel Bompard, méprisants pour les auditeurs censés gober de telles balivernes, démontrent que LFI continue de touiller le vieux fond de sauce antisémite qu’il attribue à certains secteurs de l’électorat et qui correspond à la sensibilité profonde d’une partie de l’extrême gauche.
L’alliance avec LFI de nouveau interrogée
Clairement assumé par LFI, ce nouveau débordement ouvrira-t-il les yeux de ceux qui soupirent encore après une alliance de la gauche avec le populisme insoumis ? Ou bien de ceux qui sont tentés de voter Mélenchon faute de voir se dégager une candidature crédible dans la gauche non-mélenchoniste, alors que nous sommes encore à neuf mois de l’élection et à six mois du début de la campagne ?
Quand comprendront-ils, une fois pour toutes, que LFI est sortie des limites acceptables pour un parti de gauche, que sa complaisance envers la Russie, la Chine ou le Venezuela n’est pas une bizarrerie marginale, mais l’expression d’un rejet de la culture démocratique, tout comme son fonctionnement interne autoritaire et son maniement systématique de l’invective, du mensonge et de la dénonciation ? L’incident Barbara Butch confirme ce fait politique essentiel pour 2027 : voter LFI, c’est voter pour la censure ; voter LFI, c’est voter pour la violence politique ; voter LFI, c’est voter antisémite.
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