Funestes fastes ? Faute de goût monarchique dans un pays républicain ? Banquet indécent quand une partie des Français doivent économiser sur leurs repas ? Le procès est compréhensible, le contraste choquant. La juxtaposition du luxe versaillais et de la misère des quartiers suscite la gêne et, parfois, l’indignation. Polémique classique et quelque peu attendue.
Une anecdote vient tempérer le réquisitoire. En 1982, un an après la victoire de la gauche, un débat divisa les hautes sphères : fallait-il recevoir le G7 avec une certaine munificence, ou bien jouer la sobriété qui sied à un gouvernement hautement social ? Certains proposèrent d’abriter le sommet dans une friche industrielle, d’autres dans une austère salle du nord. Soucieux de marquer la légitimité du pouvoir socialiste, François Mitterrand refusa de déroger à la tradition qui conduit la République française à user du prestige de son patrimoine d’Ancien Régime pour recevoir les chefs d’État étrangers avec les égards coutumiers. Sous sa présidence très socialiste, François Mitterrand organisa donc le sommet du G7 à Versailles et dîna lui aussi en grande pompe dans la Galerie des Glaces. Ainsi va la diplomatie qui suppose un certain décorum. Quant à l’argument du contraste avec les difficultés des Français, il vaut pour toutes les époques : il faudrait donc proscrire tout apparat. Au demeurant, beaucoup de Français, admirateurs discrets de la monarchie britannique, y auraient même vu une mauvaise manière faite à un roi très francophile.
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