Gabriel Attal, nouveau ministre de l’Éducation nationale, veut interdire l’abaya à l’école de la République. Comme on s’est déjà prononcé dans cette lettre contre le port dans les salles de classe de cette robe ample qui couvre le corps, les bras et souvent la tête, que peut-on en dire, sinon que le ministre a raison ? La justification de cette interdiction s’énonce selon un syllogisme irréfutable : la loi du 15 mars 2004 prohibe les signes religieux ostensibles à l’école ; l’abaya est un signe religieux ostensible ; elle est donc interdite. Comme le sont la kippa, les grandes croix, les turbans ou le voile islamique.
Aussitôt, les opposants à cette mesure feront valoir que l’abaya n’est pas – ou pas forcément – un vêtement religieux, mais plutôt une robe « traditionnelle », portée depuis longtemps dans les pays du Golfe. L’ennui, c’est que cette tradition est d’origine religieuse. Elle n’est pas écrite noir sur blanc dans le Coran, mais elle découle de l’injonction de « modestie » faite aux femmes (et parfois aux hommes) par une prescription religieuse. On constate d’ailleurs que sur les sites qui vendent des abayas, (et qui proposent aussi des hijabs, des kamis ou des burkinis), il est très souvent fait mention de cette « modestie » conseillée aux femmes par les docteurs de la foi.
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