GROENLAND : FUCK TRUMP ! - Le président menace l’Europe de guerre commerciale s’ils ne cèdent pas à son caprice groenlandais. Il n’y a qu’une seule réponse digne à cette extravagance : qu’il aille se faire voir !
Devant cette nouvelle aberration, les Européens vont-ils encore une fois temporiser ? Furieux de voir une poignée de soldats européens déployés en toute logique et en toute légalité au Groenland, le prédateur de la Maison-Blanche menace huit pays européens de représailles commerciales massives. Tel Don Corleone formulant « une offre que nous ne pourrons refuser », il annonce qu’il infligera aux récalcitrants 10% de droits de douane supplémentaires dans l’immédiat et 25% en juin prochain si nous n’acceptons pas sa proposition d’acheter le Groenland.
Rappelons que les habitants de la grande île ont rejeté hautement cette idée en clamant « qu’ils n’étaient pas à vendre » et qu’ils ont voté majoritairement pour les partis qui souhaitent conserver leur attache au Danemark (tout en jouissant d’une large autonomie). Dès lors c’est un territoire européen que Trump veut annexer par la force, contre tout principe, toute raison et toute légitimité historique.
Une annexion sans fondement stratégique ni historique
Le Groenland, dit-il, a été conquis il y a six cents ans par des Européens (des Vikings) et doit être décolonisé. On peut dire la même chose de la côte est des États-Unis, un territoire jadis colonisé par les Britanniques (au sein des Treize Colonies, justement nommées) et volé ensuite aux Amérindiens par les colons émancipés de leur métropole. S’il faut rendre la grande île arctique à ses habitants premiers, il devrait en aller de même pour Manhattan, une île possédée à l’époque par les Algonquins qui peuplaient la côte nord-est du continent.
Le Groenland joue un rôle stratégique, affirme encore le président américain. Mais il a tout loisir de négocier une présence militaire plus forte avec les autorités locales, qui ont déjà accepté la présence de plusieurs bases pendant la guerre froide. La Chine et la Russie veulent s’en emparer, ajoute-t-il. Mais il n’y a pas trace de manœuvres militaires quelconques organisées par ces deux pays autour du Groenland. Et si ceux-ci avaient soudain la tentation d’attaquer l’île, ils se heurteraient aux troupes américaines déjà présentes au nord du Groenland et qui peuvent être renforcées à tout moment.
Quant aux minerais présents dans le sous-sol, les États-Unis peuvent, quand ils le veulent, négocier des contrats d’achat ou d’exploitation avec les élus groenlandais, qui les accepteront bien volontiers dès lors qu’il s’agira de transactions commerciales au juste prix. Bref, il n’existe aucune raison légitime de procéder à cette annexion, sinon dans l’ubuesque volonté trumpienne d’agrandir le territoire américain pour de simples raisons de gloriole géographique. À moins qu’il ne s’agisse surtout de détourner l’attention de l’affaire Epstein, de la hausse des prix et des exactions fascisantes de l’ICE, la milice anti-immigrés du président, toutes choses qui embarrassent l’administration Trump.
La riposte européenne sur le terrain commercial
Emmanuel Macron a demandé aux autres Européens d’activer « l’instrument anti-coercition » prévu dans l’arsenal commercial de l’Union et qui permet de répliquer sur le même terrain des échanges à Donald Trump. Il a cent fois raison. Les partenaires de la France ont clamé leur indignation devant les prétentions américaines. Il ne leur reste plus qu’à passer aux actes.
Pour un socialisme démocratique renouvelé et indépendant,
Je soutiens LeJournal.info
Le LFI Sébastien Delogu rejoint les rangs des candidats mis en examen dont le procès se tiendra juste après les élections municipales. Après Rachida Dati et Sophia Chikirou, ce bal de prévenus interpelle : nos grandes villes méritent-elles d’être gouvernées par de si troubles personnalités ? Lire l’article
L’accord a minima qui se dessine entre le Premier ministre et l’opposition républicaine ne peut faire oublier que le recours à une procédure sans vote pour faire entrer en vigueur la loi de Finances est une déception à la fois pour Sébastien Lecornu, Olivier Faure et la démocratie. Vrais gagnants : les extrêmes. Lire l’article
Les lignes bougent entre Paris et Rome. Des signaux diplomatiques récents suggèrent un rapprochement pragmatique entre Emmanuel Macron et Giorgia Meloni. Derrière les désaccords de façade, une convergence stratégique est en train de s’installer à bas bruit. Lire l’article
Dans les anciennes terres républicaines du sud du pays, l’extrême-droite est à l’offensive pour les municipales, portée par une forte tendance nationale. Comme ailleurs, la gauche démocratique est menacée. Lire l’article
Dans un roman dystopique, Douglas Kennedy imaginait une Amérique divisée entre une république progressiste et une confédération théocratique, avec Minneapolis comme « ville neutre ». Dans les États-Unis de Trump, la réalité rattrape la fiction. Lire l’article
LeJournal.info a 2 ans et il a déjà beaucoup grandi, mais nous avons besoin de vous !
Pour nous soutenir, deux formules d’abonnement : annuelle (80€/an) ou mensuelle (4€/mois).