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Glucksmann-Hollande : la paix des braves
Ils ont échangé des textos. Raphaël Glucksmann et François Hollande se sont mis d’accord pour ne pas s’écharper.
Le vainqueur de la primaire l’a dit publiquement, il veut fédérer toute la gauche démocrate et républicaine afin de mener le combat contre l’extrême droite. François Hollande en fait partie, à qui il reconnaît la légitimité d’ex-président de la République. Quant à ce dernier, il ne tirera pas contre son camp. Plus globalement, si au début ils se jaugeaient, les deux hommes s’apprécient désormais.
Jeudi soir 15 octobre, Debout les socialistes (DLS), qui réunit les opposants à Olivier Faure, dont de nombreux hollandais historiques, a acté que leur mouvance serait loyale au candidat qui a remporté la primaire. Afin de peser « le moment venu » en faveur d’un rassemblement « dans un sens ou dans un autre » de Raphaël Glucksmann, François Hollande et Bernard Cazeneuve au sein d’un grand parti social-démocrate. Comprendre quand les intentions de vote seront stabilisées et le rapport de forces entre les candidats entériné.
Pour l’heure, Raphaël Glucksmann gagne 4 points à 13 % dans le dernier sondage OpinionWay quand Édouard Philippe en perd 3 à 12 %.
Glucksmann devant Philippe ? Le résultat est trop fragile pour le pérenniser. Mais il montre que pour l’instant, la dynamique est là et que pour la présidentielle de 2027, rien n’est encore joué.
Olivier Faure s’accroche à sa ligne très à gauche…
Pendant ce temps, Olivier Faure fait des siennes. Quoique sèchement battu avec 14,4 % des voix à la primaire, il veut toujours dicter sa loi. À savoir, imposer une ligne très à gauche dans la discussion budgétaire et travailler dès maintenant, sans attendre l’élection présidentielle, à une alliance d’union de la gauche aux élections législatives, qui serait ouverte selon les cas à LFI.
Comme s’il enjambait la présidentielle, le premier secrétaire du Parti socialiste construit déjà la suite pour les législatives. Esprit de défaite ? À sa décharge, les élus socialistes sont fébriles, inquiets de perdre leurs circonscriptions au profit de candidats de Place publique au cas où Raphaël Glucksmann viendrait à les imposer. Ainsi, Olivier Faure veut-il conserver sa place fétiche, celle de chef de la tambouille électorale.
… les candidats à son remplacement se bousculent au portillon
Selon les statuts, le premier secrétaire du Parti socialiste ne peut pas être remplacé sauf à réunir un Conseil national dont la majorité convoquerait un congrès. Rien de cela à six mois de la présidentielle qui mobilise les énergies. Mais à moyen terme, son maigre score de 14,4 % à la primaire de la gauche remet le sujet sur la table.
Voilà pourquoi cela s’agite dans son entourage où les candidats à sa succession sont pléthore. Hormis son bras droit Johanna Rolland, trop proche de lui pour incarner une alternative, on trouve Pierre Jouvet, le secrétaire général ; Emma Rafowicz, élue députée européenne en juin 2024 ; Luc Broussy, qui préside le Conseil national, ou encore le sénateur Alexandre Ouizille, proche de Boris Vallaud, qui dirige la communication de la campagne de Raphaël Glucksmann. Condamnés pour l’instant à ronger leur frein.
Combien d’argent pour la campagne de Glucksmann ?
Olivier Faure veille jalousement sur les finances du Parti socialiste. Il aurait l’intention de débloquer quelque 2 millions d’euros pour la campagne présidentielle du candidat Glucksmann, soit le minimum qu’il est contraint d’y consacrer. Loin d’être mirobolante, cette somme s’ajouterait au million déjà levé par le banquier Jacques Ittah, proche du candidat. Et à la louche au gros million que devraient au moins rapporter les 15 euros payés par les 125 000 militants lors de leur inscription à la primaire, une fois que les sommes dépensées auront été remboursées.
Ce matelas de quelque 4 millions d’euros pourrait permettre, par effet de levier, d’en emprunter autant auprès du Crédit coopératif, la seule banque qui accepte encore de prêter de l’argent aux hommes politiques pour financer leurs campagnes électorales.
Les faibles scores en 2022 des deux candidates des deux partis traditionnels, Valérie Pécresse pour LR (4,5 %) et Anne Hidalgo pour le PS (1,75 %), ont échaudé les autres, inquiètes de prêter avec le risque de ne pas récupérer leur argent.
David Lisnard siphonne l’enthousiasme de proches de Retailleau
La percée du maire de Cannes dans les sondages sur le thème « il se passe quelque chose » met en exergue une certaine lassitude que l’on perçoit dans l’entourage de Bruno Retailleau. Très concentré sur ses sujets d’ordre et de sécurité, le candidat de LR peine à décoller. Pis, en cas de multiplication des candidats, il dégringole. « Je suis fidèle mais franchement, il y a un déficit d’incarnation chez Retailleau », dit ainsi l’un de ses proches qui ne cache pas être attiré par… David Lisnard. Le buzz de TikTok et de Polymarket lui paraît plus fun que les bonnes vieilles terres vendéennes traditionnelles.
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