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La survie de l’organisation terroriste, qui transparaît des informations et des images en provenance de Gaza, est d’abord un échec pour le gouvernement Netanyahou. Plusieurs fois, ses ministres ont déclaré que le but de guerre de l’armée israélienne était « l’éradication du Hamas ». Après deux ans de guerre, le résultat est là : émergeant de leurs caches où ils d’abritaient derrière les civils, les criminels du 7 octobre rétablissent par la violence leur emprise sur la population gazaouie et se livrent à des règlements compte sanglants contre les factions rivales.
En dépit d’une écrasante défaite, le Hamas reste donc un protagoniste du conflit. Il a subi des pertes considérables ; il a provoqué un massacre au sein de la population qu’il était censé défendre ; il a conduit ses alliés de la région à des défaites retentissantes face aux forces israéliennes. Mais dans sa logique folle, il conserve le prestige des combattants martyrs qui refusent la défaite et peut se satisfaire de voir l’image d’Israël écornée dans le monde et ruinée auprès d’une partie de la jeunesse militante occidentale.
Cette résilience pose au moins une question. Autant la réplique d’Israël à l’attentat barbare du 7 octobre était légitime, autant la prolongation de la guerre pendant deux ans (notamment après le premier cessez-le-feu), causant des pertes civiles et des destructions matérielles considérables, semble bien avoir été inutile. Voilà un échec dont le gouvernement Netanyahou, dominé par des jusqu’au-boutistes caressant le projet d’un « Grand Israël », devra rendre compte.
Symétriquement, la résilience du Hamas et la persistance de ses méthodes sanglantes contredit de plein fouet la propagande des plus radicaux des propalestiniens. Le Hamas ressorti au grand jour exécute aussitôt ses rivaux au sein de la population palestinienne. Il s’agit, dit-il, de « punir les traîtres ». Mais le caractère public des exécutions, pratiquées en pleine rue sans aucune forme de procès, envoie un message très clair : voilà ce qui attend ceux qui voudraient, parmi les civils gazaouis, s’émanciper de la dictature obscurantiste instaurée dans l’enclave depuis la victoire du Hamas sur l’Autorité palestinienne en 2007.
Une nouvelle fois, la mentalité victimaire qui est à la base de l’argumentation décoloniale conduit au simplisme et à l’aveuglement. Il arrive en effet, et malheureusement, que les victimes soient aussi des bourreaux. Le maintien de la terreur islamiste à Gaza en est la preuve éclatante. Ceux que la doxa radicale présente comme des « résistants » sont surtout les agents d’un projet dictatorial et obscurantiste qui consiste à soumettre, « de la rivière à la mer », la population palestinienne à un régime islamo-totalitaire bâti sur la destruction préalable de l’État d’Israël. Le projet fou de ces fanatiques qui n’ont « rien appris et rien oublié » de la guerre qu’ils ont déclenchée, vise à empêcher toute solution négociée, conduit le peuple palestinien à un malheur sans fin et démontre une nouvelle fois l’inanité du manichéisme professé par l’activisme décolonial.
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