Naïveté des progressistes, perversité de l’extrême-droite. Avec une bonne intention – ne pas encourager un éventuel affrontement communautaire – la justice et une bonne partie de la presse ont volontairement tu les prénoms des suspects du crime de Crépol, laissant dans un pieux anonymat les assaillants de ce bal populaire où un jeune homme de 16 ans a été poignardé à mort. Mais comme tout se sait dans ce genre d’affaire très médiatisée, il s’avère que les prénoms en question désignent des garçons de culture musulmane, issus pour la plupart du « quartier sensible » de la Monnaie à Romans-sur-Isère. C’est un fait. Pourquoi l’avoir caché, sinon par une pusillanimité hors de propos ?
C’est en tout cas du nanan pour l’extrême-droite, qui double sa honteuse dénonciation de « l’immigration » (alors que les jeunes hommes en question sont français), d’un numéro bien rôdé sur « l’omerta » qui viserait à cacher aux bons Français la réalité des choses. À quoi bon édulcorer ce fait divers, qui est aussi un fait de société et qu’il est légitime de commenter ? On ne s’est pas privé de parler dans le cas de Nahel, ce jeune homme tué par un policier avant l’été. Mettre l’un en exergue et minimiser l’autre, c’est prêter le flanc à l’accusation de cécité volontaire.
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