Est-ce rassurant ? Benyamin Netanyahou a pris ce week-end des accents messianiques pour justifier la lutte d’Israël contre le Hamas terroriste. « Ils sont le peuple des ténèbres, et la lumière triomphe des ténèbres », a-t-il proclamé, pour promettre ensuite de « réaliser la prophétie d’Isaïe » : « Il n’y aura plus de voleurs dans vos frontières et vos portes seront glorieuses ».
Tout dirigeant, en période de guerre, s’adresse à son peuple en exaltant ses idéaux, ses racines lointaines, ses valeurs les plus ancrées, pour légitimer les sacrifices qu’il lui demande. Pourtant une inquiétude se fait jour : la mystique fait-elle une politique ? Dans ce combat sacré, biblique, où est la place de la réflexion, des objectifs concrets, de l’état nouveau des choses qu’on veut instaurer ? Ou bien cette rhétorique servirait-elle surtout, en l’occurrence, à masquer les responsabilités présentes et la vacuité du plan futur.
...
