À celui qui dîne avec le diable, dit-on, il faut une longue cuillère. Pour la NUPES qui dîne avec Macron, il faut un petit plateau-repas… Les représentants de la gauche, en effet, venus à Saint-Denis à l’invitation du président de la République, veulent bien discuter, mais ils n’ont voulu manger que dans une ambiance de travail. D’où le plateau-repas qu’ils accepteront et non un dîner en bonne et due forme. Un peu ridicules, à vrai dire, ces afféteries… Les partis se fréquentent à l’Assemblée ou au Sénat dans une atmosphère souvent courtoise ; personne n’aurait pensé à mal s’ils avaient fini la journée de Saint-Denis par un dîner, non en se tapant sur le ventre en chantant des chansons, mais en poursuivant un débat par définition contradictoire.
Baroque également le choix du lieu, doublement monarchique. La basilique de Saint-Denis est un haut lieu capétien, qui abrite les magnifiques gisants et statues des anciens rois. L’école de la Légion d’Honneur, qui accueille les convives, a été fondée par Napoléon 1er . On a vu symboles plus républicains. À moins qu’on veuille évoquer, par la bande, cette verticalité chère au pouvoir macronien…
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