L’HISTOIRE DE LA GAUCHE SELON LFI
Pour défendre la cause de sa secte, Sophia Chikirou, candidate LFI à la mairie de Paris, dans son ultime meeting de campagne, réécrit l’histoire de la gauche. De manière involontairement comique…
LFI, on s’en souvient, avait protesté hautement contre le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, qui avait eu le toupet de classer le mouvement de Jean-Luc Mélenchon à l’extrême gauche. Apparemment Sophia Chikirou a opportunément oublié cette émouvante indignation. Dans son dernier meeting, elle a déclaré ceci, en contradiction avec l’ancienne ligne du parti : « Il n’y a rien d’insultant à être d’extrême gauche ». Alors ? Pourquoi protester quand le ministre appelle un chat un chat ?
Une relecture contestée de l’histoire sociale
Mais c’est la moindre faribole dans ce discours surréaliste. En convoquant la longue histoire de la gauche, la candidate affirme, sans rire, que l’extrême gauche a instauré « les congés payés, la sécurité sociale, l’école publique, les logements publics ». Avec un certain accablement devant tant d’ignorance, volontaire ou non, on doit rappeler la vérité inscrite dans tous les manuels scolaires : les congés payés ont été créés par le gouvernement du Front populaire dirigé par Léon Blum et la SFIO, qui représentaient la branche réformiste — et non « d’extrême gauche » — du mouvement ouvrier. L’extrême gauche de l’époque, incarnée par le Parti communiste, après avoir vilipendé pendant quinze longues années les « sociaux-traîtres » de Blum, s’était ralliée à l’Union de la gauche en 1935, mais avait refusé de participer au gouvernement élu en 1936, celui-là même qui a instauré les congés payés.
La sécurité sociale, en second lieu, n’a pas non plus été créée par « l’extrême gauche », mais en 1945 par un gouvernement de coalition dirigé par le général de Gaulle, puis par le socialiste Félix Gouin. Il bénéficiait du soutien des communistes, qui avaient joué — à l’inverse de LFI — le jeu de l’union la plus large, puisque cette coalition de la Libération comprenait, avec la gauche, la participation active des démocrates-chrétiens.
Congés payés, Sécurité sociale, école : qui a vraiment créé ces réformes ?
Quant à l’école publique, on cherche vainement en quoi l’extrême gauche a pu contribuer à sa création, puisque celle-ci fut l’œuvre des républicains barbus et réformateurs emmenés par la figure controversée de Jules Ferry, qu’on conspue aujourd’hui à l’extrême gauche pour son colonialisme virulent. Quant au « logement public », locution mystérieuse dont on suppose qu’elle désigne le logement social, il a été instauré peu à peu par le patronat paternaliste, la gauche réformiste et la droite sociale. Tout au long de cette histoire, l’extrême gauche n’a jamais rien fait, sinon dénoncer la gauche réformiste.
Autrement dit, Sophia Chikirou, pasionaria mélenchoniste passée par plusieurs partis, dont certains orientés nettement à droite, ne connaît rien à l’histoire politique et sociale du pays, ou bien affecte de l’ignorer pour les besoins de la cause insoumise. Encore et toujours, s’agissant de LFI, il faut revenir à la citation d’Orwell : « Celui qui a le contrôle du passé a le contrôle de l’avenir ». Telle est la prétention de LFI : réécrire le passé dans l’espoir de se ménager un avenir. Fort heureusement, comme maire de Paris, et quelle que soit sa volonté ignare de contrôler le passé, Sophia Chikirou n’a aucun avenir.
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