Au risque d’apparaître insistant, il faut reposer la question : que fait encore Amélie Oudéa-Castera au ministère de l’Éducation nationale ? Rappelons les faits : il est apparu au premier jour, selon son aveu tardif, qu’elle a menti en accusant une institutrice du secteur public d’absences répétées ; son explication du choix du privé pour ses enfants apparaît du coup fondée sur une contre-vérité, qui a jeté le corps enseignant dans une juste colère ; elle a laissé son fils bénéficier d’un contournement du système Parcoursup organisé par l’établissement dont elle fait par ailleurs l’éloge appuyé, le collège Stanislas, lequel vient de se faire taper sur les doigts pour son enseignement aux connotations rétrogrades ; il apparaît enfin, selon un rapport parlementaire, qu’elle a minimisé le salaire qu’elle percevait à la Fédération française de tennis et dont le montant était d’environ 500 000 euros par an.
Encore plus gênant : elle avait affirmé que sa rémunération était égale à celle de son prédécesseur, alors qu’elle la surpassait de 86 000 euros (une paille à ses yeux, sans doute…) et que ce montant avait été déjà été jugé « considérable, voire anormal » par l’inspection générale. Maladresse insigne, contre-vérités répétées, salaires mirifiques et contestés… Combien faudra-t-il de boulettes pour que l’on se rende à l’évidence : cette dame n’est pas faite pour être ministre de l’Éducation ? En tout cas, le choix d’une grande bourgeoise vivant en circuit fermé a tout d’une erreur de casting.
Au vrai, la raison de son maintien rue de Grenelle est manifestement une affaire de susceptibilité. Président jupitérien, Emmanuel Macron a horreur de reconnaître ses erreurs. Il préfère s’en tenir à une mauvaise décision plutôt que de donner raison à la critique, qui lui semble toujours de mauvaise foi. Alors plutôt que de se séparer d’une ministre de l’Éducation découvrant lors de sa première « visite de terrain » que les jeunes, en France, ne portent pas seulement des chaussures de sport pour faire du sport (il est vrai qu’à Stanislas ces chaussures son interdites hors des stades ou des gymnases), il soutient cette élégante et fort décalée Marie-Chantal à son poste.
Pourtant les candidates ou candidats compétents ne manquent pas, au moment où l’école publique en difficulté a besoin d’une direction ferme et avisée. Terminons par une de ces citations latines bien connues dans l’enseignement classique, tel qu’on le révère à Stan : Usque tandem, Oudéa-Castera, abutere patientia nostra ?
Laurent Joffrin
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