Excellente série, bien jouée, bien écrite, bien filmée… Tristan Séguéla et Olivier Demangel (le scénariste de Novembre), signent un opus digne des meilleures productions Netflix, juste et drôle, avec un Laurent Laffitte qui ressuscite avec maestria le héros paradoxal des années 80 et 90, symbole fascinant et usurpé du succès à la française : Bernard Tapie.
La famille, dit-on, n’a guère goûté l’exercice. On la comprend : rien n’est celé des failles et des turpitudes du personnage, des déboires coupables de sa jeunesse aux tricheries flamboyantes de sa carrière publique. Tapie, chanteur sans succès, créateur d’entreprise qui échoue, Tapie repreneur d’entreprise qui s’enrichit sans précaution, coach sportif surdoué, ministre tonitruant, un temps homme politique promis à la mairie de Marseille et, peut-être même, disait-on, à la présidence de la République, sur les traces d’un Berlusconi dont il avait repris les méthodes clinquantes et populistes. Et aussi Tapie bateleur et menteur, funambule du redressement de boîtes en faillite, milliardaire assis sur une montagne de dettes, showman d’une redoutable intelligence et d’une audace de joueur de poker. On ne peut guère accuser les auteurs de complaisance : ils ont l’art du portrait, la précision de l’enquêteur, l’honnêteté du conteur arrimé à la vérité.
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