Cette étrange attirance de certains journalistes pour les prophéties crépusculaires et la « schadenfreude », cette joie mauvaise qu’on éprouve en observant le malheur d’autrui…. Dans leur entretien-débat du matin, Léa Salamé et Nicolas Demorand reçoivent Enrico Letta, ancien président du Conseil italien, et François Hollande, tous deux sociaux-démocrates bon teint.
Question rituelle, comme si la fin de ce courant était déjà prononcée : « la social-démocratie va-t-elle disparaître ? ». Hollande fait benoîtement remarquer que la même social-démocratie gouverne plusieurs pays en Europe, ce qui n’est pas exactement l’indice d’une disparition. C’est un fait qu’elle est au pouvoir en Espagne, au Portugal ou en Allemagne, qui ne sont pas des principautés, et qu’elle est favorite pour remporter les élections britanniques, pays qui a son importance. Il note que c’est la seule force de gouvernement à gauche et que les formations radicales sont partout marginalisées. « Pas au Brésil ! », coupe Léa Salamé. Voici donc Lula, l’ex-syndicaliste élu sur des bases très réformistes, qui gouverne avec le centre-droit, soudain rangé sous la bannière révolutionnaire. Drôle d’argument. La journaliste a mal lu la carte. La gauche radicale gouverne effectivement un grand pays en Amérique latine : le Venezuela, dont elle a fait chuter le PIB de quelque 80% (une paille), décuplé la misère et provoqué l’exode de millions d’habitants…
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