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Le dernier sondage IFOP confirme la domination angoissante de Marine Le Pen. Mais pour le reste, il recèle quelques surprises de taille, notamment pour la gauche…
Sondages, saison II… Après une pause d’été, la machine à ausculter l’opinion s’est remise en marche avec une enquête de l’IFOP-Fiducial pour Le Figaro, LCI et Sud Radio. Diagnostic éphémère, courte étape dans une longue chaîne de sondages qui vont rythmer la campagne pendant huit mois. Pourtant, celui-ci mérite qu’on s’y arrête : c’est un lever de rideau qui porte quelques enseignements utiles.
Marine Le Pen domine toujours
D’abord les évidences. Dans toutes les hypothèses testées, Marine Le Pen remporte l’élection présidentielle. Avec une très large avance contre Mélenchon, un peu moins nette avec un autre candidat de gauche, étroite mais indiscutable contre un concurrent de droite. Elle est favorite comme Balladur ou Juppé huit mois avant le scrutin ? Certes. Mais cela fait des mois qu’elle caracole en tête du premier tour et approche ou dépasse les 50 % de voix au second tour. Et si l’on quitte les enquêtes d’opinion, chacun sait que le populisme d’extrême droite, en France, dispose d’une base solide. En tout état de cause, la cheffe du RN domine la compétition. Elle peut encore la perdre. Mais elle a pris une option.
Mélenchon, ensuite. Il atteint les 16-18 % et passe le premier tour dans plusieurs hypothèses. Il a été seul en piste à gauche pendant de longues semaines et son mouvement est mobilisé comme jamais. Il a évité les dérapages les plus outrageants et encaisse les dividendes d’un début de campagne réussi. Deux obstacles, néanmoins, sur sa route : une partie de la gauche ne veut plus entendre parler de lui, au premier tour en tout cas ; il est toujours écrasé par Marine Le Pen si d’aventure il l’affronte au second tour. Pour tout observateur rationnel – et pour l’instant –, il représente, non le « vote tuile », mais le vote dangereux : celui qui assure la victoire du RN.
Édouard Philippe perd du terrain
Viennent ensuite les mouvements d’opinion moins visibles, mais tout aussi importants. Favori de la compétition depuis des mois, Édouard Philippe est fragile. Dans plusieurs enquêtes – et dans celle-ci plus clairement –, il perd des plumes avec le temps. Gabriel Attal l’a bien perçu, qui déclare tout net : « Il n’y a plus de favori dans le bloc central ». Le maire du Havre n’a pas uni son camp et il a perdu son statut de rempart contre le RN. Pas bon pour lui… Au vrai, le bloc central est handicapé par le bilan du macronisme, qui est en passe de se changer pour lui en tunique de Nessus.
La gauche dépasse les 30 %
Enfin, c’est la surprise de cette fin août : la gauche, pour la première fois depuis des lustres, dépasse nettement les 30 %. Dans une hypothèse, elle frôle même les 40 %. La percée de Mélenchon n’empêche pas Glucksmann de progresser, si bien que le total gauche augmente. On vivait sur l’idée que la gauche n’avait pratiquement aucune chance de gagner cette présidentielle. Cette quasi-certitude est en train de s’effriter. La gauche devance le bloc central. Dès lors, qu’est-ce qui l’empêche de faire, finalement, une bonne campagne ?
Avec un score moyen de 35 %, elle peut pallier le handicap de sa division : il reviendra à ses électeurs, en faisant jouer le vote utile, de se grouper derrière celui qu’ils auront choisi, de manière à le propulser au second tour. Dans ce cas de figure, hypothèse qu’on jugeait farfelue avant l’été, il reviendra à l’élu du premier tour de faire jouer le front républicain au second. Autant dire qu’il faudra bien choisir, c’est-à-dire désigner le plus rassembleur…
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