LES COULISSES EN LIGNE
Périscolaire : l’incurie d’Anne Hidalgo
C’est peu dire que l’audition d’Anne Hidalgo par la commission d’enquête du Sénat sur les violences sexuelles dans le périscolaire n’a pas grandi celle qui fût maire de Paris pendant douze ans. À l’entendre, elle n’était au courant de rien ou de pas grand-chose, elle n’était pas directement chargée du dossier et laissait faire ses collaborateurs.
Il ressort pourtant des débats qu’elle ne pouvait pas ignorer le très grave sujet de la non-protection des enfants de sa ville pendant les heures de périscolaire puisque celui-ci avait fait objet d’un rapport alarmant qui lui avait été remis en 2015, alors que plusieurs plaintes de parents avaient déjà été recueillies. Qu’a-t-elle fait pendant dix ans ? Elle a laissé son administration organiser des « copil », les fameux comités de pilotage où tous dissertent sans jamais rien décider. Sans que, selon elle, d’informations alarmantes ne remontent jusqu’à elle.
De quoi s’interroger sur sa façon de gouverner. A contrario, son successeur Emmanuel Grégoire s’est à maintes reprises platement excusé, visiblement ému, alors que 203 enquêtes pénales sont en cours sur le périscolaire à Paris.
Marine Le Pen peut-elle redevenir inéligible ?
Certains juristes sont convaincus que le pourvoi en cassation de Marine Le Pen comporte pour elle un vrai risque. Si elle devait gagner, affirment-ils, le jugement de son appel serait cassé, ce qui rendrait celui-ci caduc et la ramènerait de facto à sa condamnation en première instance. Or, celle-ci, on s’en souvient, inclut cinq années d’inéligibilité avec exécution provisoire, contrairement à l’appel qui l’en avait délivrée.
Sous le coup de cette condamnation retrouvée, elle redeviendrait donc inéligible et ne pourrait plus se présenter à l’élection présidentielle. Un séisme politique que d’autres juristes ne veulent pas envisager, affirmant que le premier président de la Cour de Cassation fera tout pour l’éviter.
Rachida ne réintégrerait pas la magistrature
Tandis que le procès de Rachida Dati pour corruption passive, trafic d’influence passif et recel d’abus de pouvoir et d’abus de confiance, se déroule à Paris jusqu’au 28 septembre, ses chances de réintégrer la magistrature s’amenuisent. Si le ministère de la Justice, sous l’impulsion de Gérald Darmanin, lui propose le poste de premier substitut au secrétariat général de la Chancellerie, le président du Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM), Rémy Heitz, dont l’avis est obligatoire avant toute nomination de magistrat, est vent debout.
Outre les effets d’une éventuelle condamnation alors qu’elle risque dix années de prison et de l’inéligibilité, nul doute que la mission pressentie de Rachida Dati à la Délégation des affaires européennes et internationales, fera l’objet, après son procès, d’un interrogatoire serré par le directeur des services judiciaires du CSM qui jugera de « l’adéquation de son poste avec les missions proposées ». Ensuite, les recours des autres candidats au poste seront examinés. Avant que Rémy Heitz ne rende son verdict. Le parcours du combattant de Rachida Dati ne fait que commencer…
L’exhortation de Lecornu à ses ministres
Dans la lettre qu’il a adressé le 14 septembre à chacun de ses ministres pour leur demander un effort supplémentaire sur le budget de leurs ministères, le Premier ministre plaide qu’il a besoin de « préserver des marges de manœuvre » pour le débat parlementaire.
Sébastien Lecornu va en effet rechercher comme l’an dernier un compromis parlementaire qui lui permettrait de tenir sa promesse de n’avoir recours ni au 49-3 ni aux ordonnances pour faire voter le budget. Il souhaite donc conserver des « possibilités de mouvement » pour permettre au Parlement d’avancer d’autres choix que ceux proposés par le gouvernement, et ceci sans dégrader le solde d’ensemble. Bref, de « décider collectivement ce que la Nation veut financer en priorité ».
Le discours alarmiste de Darmanin
Le Garde des Sceaux, principal soutien d’Edouard Philippe à la présidentielle, tient en privé des propos très alarmistes. Il additionne les voix du RN, de Reconquête mais aussi de LFI pour estimer que 60 % des Français votent pour un candidat radical.
Sa démonstration vise à ce que les électeurs choisissent le camp de la raison, celui d’Edouard Philippe, le mieux placé dans les sondages pour battre Jean-Luc Mélenchon au 1er tour. Son raisonnement est tranchant : « si nous ne sommes pas présents au second tour, non seulement nous ne gagnerons pas l’élection présidentielle mais nous allons disparaître ». Le « nous » incluant le centre droit dont il se revendique, soit l’ensemble du bloc central voire les LR. Pourtant, dans le camp d’Edouard Philippe, on n’envisage pas de coalition avant qu’elle ne soit constituée par celui qui sera en tête face à Marine Le Pen le soir du 1er tour. Mais on appelle à ce que tout le monde vote pour lui … immédiatement. Contradictoire ?
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