MOYEN-ORIENT : CES DIRIGEANTS QUI MARTYRISENT LEUR PEUPLE
En menant depuis bientôt trois ans une guerre absurde, les dirigeants moyen-orientaux ont manqué la plupart de leurs objectifs et obtenu un seul résultat tangible : le malheur de leur peuple.
On commentera gravement, dans les semaines à venir, les tractations qui réunissent en Suisse Iraniens et Américains, en comparant leurs mérites respectifs, en disséquant leurs propositions, tandis qu’ils deviseront un verre à la main pendant les pauses, dans leur hôtel de luxe donnant sur le lac baigné de soleil. On oubliera comme souvent une précision liminaire : les acteurs de ce drame forment une bande d’assassins fanatiques, cyniques ou irresponsables selon les cas, qui s’assemblent tels des chefs mafieux pour se partager des territoires de racket après une saison de règlements de comptes sanglants.
Une guerre aux conséquences humaines
Les Iraniens ? En encourageant leurs proxys du Hamas et du Hezbollah à attaquer Israël, ils ont permis à l’extrême droite israélienne de commettre une série inédite de crimes de guerre massifs à Gaza, d’accélérer l’annexion de la Cisjordanie par la force et de bombarder sans relâche le sud du Liban, entraînant ce petit pays martyr dans la tourmente.
Les Américains ? En déclenchant une guerre meurtrière avec une inconcevable légèreté, ils ont fait la preuve de leur incompétence, raté une opération improvisée sans buts de guerre définis et permis au régime iranien de sortir conforté de cet affrontement que Donald Trump se faisait fort de gagner en quelques jours. Ils ont fourni aux Gardiens de la Révolution le prétexte qui leur manquait pour assassiner par dizaines de milliers leurs concitoyens coupables d’avoir réclamé la liberté que leur dénie ce régime obscurantiste et tortionnaire. Voici maintenant que ces businessmen corrompus paradent désormais pour se faire de ce désastre une couronne et pour arrondir, au passage, la fortune qu’ils amassent sans vergogne au pouvoir.
Les peuples au cœur du conflit
Les seules victimes ? Le peuple palestinien décimé, déporté, humilié, qui voit s’évanouir son mince espoir de vivre un jour dans un État qui lui soit propre ; le peuple israélien terrifié par l’attaque terroriste barbare du 7 octobre et lancé dans une guerre de vengeance qui déchaîne l’antisémitisme dans le monde ; le peuple libanais, une nouvelle fois écrasé sous les bombes et déchiré en communautés ennemies.
Car cette guerre sans vainqueurs et sans résultat a fait d’innombrables vaincus : les femmes, les hommes, les enfants qui habitent ces régions ravagées, les familles décimées, les proches et les amis tués sous les gravats ou soufflés par les bombes, les citoyens plongés dans le deuil, la terreur et l’affliction.
Le droit international en question
Il faut bien comprendre, disent les réalistes avec superbe, que le droit international est une illusion et que nous vivons sous le règne de la force. Nous l’avons fort bien compris : cet effacement du droit et ce triomphe des forts, sans que rien ne soit réglé des conflits initiaux, nous mènent seulement au martyre sans fin des vivants et à la paix des cimetières.
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