AUDIOVISUEL : COMMISSION EN PERDITION
Le député Charles Alloncle, roquet ciottiste, transforme la commission parlementaire sur l’audiovisuel public en tribunal populaire dévoué aux obsessions de l’extrême droite. Jusqu’à quand ?
Ce n’est plus une commission, c’est un bateau ivre. Ivre de son sectarisme et de sa vindicte. Dernière embardée en date : mercredi après-midi, le président de cet aréopage parlementaire, Jérémie Patrier-Leitus (Horizon), suspend brutalement l’audition de quatre anciens ministres de la Culture. Son rapporteur, le député ciottiste Charles Alloncle, vient de l’accuser de conflit d’intérêt. « Monsieur le rapporteur vient d’indiquer que j’avais des liens avec des dirigeants de Mediawan, dans ces conditions je suspends l’audition », a-t-il lancé avant de se lever et de quitter la tribune. Paniqué, Alloncle, oubliant que les micros étaient ouverts, lui adresse cette pathétique supplique : « Mais Jérémie, franchement, qu’est-ce que tu fais ? » Ce qui n’empêche pas Patrier-Leitus de quitter la salle.
Une audition suspendue en pleine séance
Jusque-là, les horions étaient pour l’essentiel distribués aux personnalités auditionnées, sommées de venir s’expliquer devant un tribunal hostile. Voilà maintenant qu’Alloncle, Fouquier-Tinville au petit pied, s’attaque à son propre président : inédite scène de cirque au Palais-Bourbon.
Il faut dire que l’affaire était mal engagée. Cette commission en forme de tribunal populaire – ou impopulaire – a été mise sur pied par le groupe ciottiste, supplétif du Rassemblement national, avec un objectif à peine déguisé : démontrer qu’il faut d’urgence privatiser le service public de l’audiovisuel. Muni d’une telle feuille de route, la commission pouvait difficilement rester impartiale.
Une commission accusée de dérive partisane
D’autant que les débats ont été largement monopolisés par un roquet à la houppe, Charles Alloncle, ancien marmouset sarkozyste, d’abord soucieux de se faire une réputation dans le petit milieu de l’extrême droite en se transformant en procureur irascible et inquisiteur, de manière à ensuite diffuser sur les réseaux des bribes de débat destinées à mettre en valeur sa pugnacité. Lesquels extraits, dans un ballet bien réglé, sont ensuite répercutés par la machine de propagande Bolloré, dont les présentateurs n’ont pas de mot assez élogieux pour lui.
Son principal angle d’attaque ? La supposée partialité d’un service public de l’audiovisuel infesté de wokistes, de gauchistes et de bien-pensants, qu’il convient de mettre au pas sans tarder. Précisons que le procès intenté à France Télévisions et Radio France n’est qu’une pâle imitation de la parabole de la paille et de la poutre. Le débat sur la télé publique est légitime. Mais en remplaçant celle-ci par des télés privées aux mains de quelques milliardaires, on est certain que l’impartialité dont Alloncle se réclame volera en éclat au profit de chaînes, par nature, soumises aux caprices d’actionnaires privés. CNews à la place de France Télé : colossale finesse de la stratégie Alloncle…
Après le pandémonium du débat budgétaire, voici la comédie burlesque de la commission sur l’audiovisuel. Si le Parlement a gardé un tant soit peu le sens du ridicule, il doit en urgence mettre fin à cette farce de l’ultra-droite, qui achève d’entacher l’institution et de ridiculiser la représentation nationale.
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