ARCOM : LE CLUB DES MOUS
Les manquements aux obligations prévues par la loi sont légion dans le paysage audiovisuel et surtout sur Internet. Face à ces dérives, l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) n’a ni l’autorité ni la volonté de réguler.
CNews épure ses chroniqueurs, menace une jeune avocate de mise à l’écart pour avoir critiqué un média ami de la chaîne, laisse micro ouvert à une épaisse propagande prorusse et diffuse de manière obsessionnelle et unilatérale les thèses de l’extrême droite. Sous couvert de satire, Radio Nova souhaite ouvertement la mort des personnes qu’elle a dans le nez. Sur la toile, enfin, trolls et zélotes extrémistes déversent en permanence des tombereaux d’injures, d’appels à la haine et de propos à connotation raciste, tout cela en contradiction frontale avec les lois françaises. Et que fait l’Arcom, chargée en principe de garantir le respect des règles du débat démocratique ? Rien.
Une régulation jugée défaillante
Manifestement paralysée par la crainte d’apparaître en organe de censure, tenue en respect par les menaces de campagnes publiques agitées par tel ou tel groupe audiovisuel ou par les hordes d’activistes qui règnent sur les réseaux, l’autorité de régulation se garde de réguler quoi que ce soit, se contentant de pusillanimes rappels au règlement et d’amendes qui glissent sur les comptes d’exploitation des groupes de médias comme sur les plumes d’un canard.
Pourtant, les lois sont claires : les télévisions, celles de la TNT notamment, doivent respecter des obligations de pluralisme, de véracité et d’impartialité ; quant aux plateformes numériques, on sait depuis longtemps que leur extravagante prétention à se déguiser en diffuseurs neutres n’est qu’une fiction pour les idiots – ceux de l’Arcom notamment – et qu’elles ne cessent en fait d’intervenir sur les contenus qu’elles déversent dans le cerveau malléable des internautes, soit directement, comme le dit ouvertement Elon Musk, soit par le truchement d’algorithmes opaques et biaisés.
Une réforme structurelle en question
Outre son avaricieuse économie de courage, l’Arcom est handicapée par son manque de moyens (en matière numérique notamment) et par le mode de nomination de ses membres, trop politique et qui les relie trop étroitement aux cercles de pouvoir, surtout lorsqu’elle est composée de personnalités qui ont encore une carrière à faire et ne souhaitent en aucune manière froisser quelque puissant qui pourrait par la suite les employer.
Tout cela mérite une réforme radicale, qui chargerait enfin des arbitres à la nuque raide et sans ambition ultérieure de faire respecter les lois. Il faudra un gouvernement décidé à défendre la démocratie, minée par cette jungle médiatique, pour y parvenir.
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