VIVE L’ORTHOGRAPHE !
Édouard Geffrey, ministre de l’Éducation, veut relever le niveau des exigences requises pour l’obtention du baccalauréat. Quoi qu’en pensent beaucoup à gauche, il a raison.
Voilà qui a le mérite d’être clair : « Toute copie qui n’a pas un niveau suffisant en termes d’orthographe, de syntaxe et de grammaire ne peut pas avoir la moyenne au baccalauréat ». Ainsi parle le ministre de l’Éducation, qui bouscule ainsi quelques tabous et s’attire au passage les réactions négatives des syndicats d’enseignants.
Maîtrise du français et valeur du bac
La déclaration est salutaire. Non qu’il faille à toute force se focaliser sur l’orthographe, sujet de maintes et furieuses polémiques françaises, souvent vaines quand elles sacralisent les bizarreries de la langue, qui doit évoluer avec son temps. Mais l’orthographe, en l’occurrence, fait partie d’un tout : la maîtrise du français, qui comprend aussi, comme le dit Édouard Geffrey, la syntaxe et la grammaire. Or cette maîtrise est indispensable au raisonnement juste, à l’expression claire, à la communication entre les citoyens, au dialogue des générations et à l’embauche à toutes sortes de postes dans la vie professionnelle. Ce à quoi doit servir le baccalauréat, sauf à perdre toute valeur.
Le bac sanctionne la scolarité obligatoire et constitue le premier diplôme de l’enseignement supérieur. Croit-on qu’on pourra mener des études universitaires sérieuses si l’on ne sait pas bien s’exprimer en français, si l’on rend des copies truffées de fautes qui rendent leur lecture difficile, si l’on prend un mot pour un autre et si l’on malmène sans cesse la logique des phrases ?
Niveau scolaire et inégalités sociales
Et surtout – horresco referens – le relèvement des exigences scolaires est une urgence de l’heure. Ceux qui voient dans le mot d’ordre le moyen d’une sélection excessive oublient une réalité essentielle : depuis des années, le niveau moyen des élèves ne cesse de se détériorer. Selon toutes les études, PISA notamment, la France stagne – ou régresse – dans les classements internationaux, dans les matières scientifiques comme dans les matières littéraires. Dans ces conditions, rien ne sert d’attribuer le bac à presque tous les élèves si leurs compétences sont en baisse.
Ce résultat médiocre se double d’une grave inégalité : la France est l’un des pays où l’origine sociale détermine le plus les résultats scolaires. En d’autres termes, la baisse du niveau lèse en priorité les élèves des classes populaires. Et personne ne peut penser que l’abaissement des critères de sélection favorisera l’égalité des chances. Ce n’est pas le contenu de l’enseignement qui entraîne la sélection sociale, ce sont les différences entre les conditions matérielles et culturelles de l’apprentissage d’un milieu à l’autre. Pour les pallier, il ne faut pas demander moins d’efforts aux élèves, mais plus.
À condition, bien sûr, de dégager plus de moyens pédagogiques et financiers en faveur des élèves d’origine modeste. Telle est la vraie question : relever le niveau des exigences tout en aidant mieux ceux qui en ont le plus besoin. À partir de là, le débat sur les voies et moyens de l’école française peut commencer.
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