Par Valérie Lecasble avec Sylvie Pierre-Brossolette
Lors de son audience à Rome, le 10 avril, Emmanuel Macron avait appuyé la demande faite à Léon XIV par la Conférence des évêques, sous l’impulsion du cardinal Jean-Marc Aveline, de venir en France. C’est donc une visite d’État que le pape effectuera du 25 au 28 septembre à Paris, Lourdes et peut-être en Moselle pour honorer la mémoire de Robert Schuman. L’accélération du calendrier résulte de la proximité de la fin de mandat du président de la République. Léon XIV ne pouvait risquer de venir plus tard, à l’approche d’une éventuelle victoire du Rassemblement national.
François avait concentré ses déplacements sur les « périphéries ». Le pape Léon revient dans les pays occidentaux. Il tient à saluer, par exemple, l’énergie mise par Emmanuel Macron pour reconstruire en moins de cinq ans la cathédrale Notre-Dame de Paris, avec le concours du général Georgelin. Belle reconnaissance pour Emmanuel Macron, alors qu’aucun pape n’était venu en visite officielle en France depuis dix ans…
Le président de la République ne se contente pas de ses déplacements internationaux, il suit aussi de près les campagnes électorales des prétendants à sa succession. Et il n’est pour l’instant convaincu par aucun d’entre eux. Ni Édouard Philippe ni Gabriel Attal ne le séduisent. Il répète à son entourage que le meilleur candidat serait Jean Castex, le seul de ses Premiers ministres avec lequel il s’est bien entendu.
Une carte en réserve à l’automne, au cas où les candidats déclarés ne convaincraient pas les Français ? Dans ce cas, le plus proche et le meilleur demeurerait Sébastien Lecornu, pour qui les planètes sont alignées. Depuis Matignon, il a prouvé sa solidité dans sa gestion de la crise de l’hantavirus. On l’attend désormais sur les délicates mesures sur le carburant.
Après trois ponts consécutifs qui ont largement occulté l’actualité du mois de mai, les politiques s’inquiètent devant la succession d’événements sportifs qui occuperont les Français jusqu’à la rentrée de septembre. Après l’annonce par Didier Deschamps de la composition de l’équipe de France de football, la Coupe du monde démarrera le 11 juin au mythique Estadio Azteca à Mexico jusqu’au 19 juillet près de New York. Classée parmi les équipes favorites, la France affrontera le Sénégal lors de son premier match le 16 juin. Les exploits de ses attaquants Kylian Mbappé, Ousmane Dembélé et Michael Olise accapareront l’attention des Français.
Dans la foulée, ils suivront, du 4 au 26 juillet, lors de son arrivée sur les Champs-Élysées, la prestation de la nouvelle pépite française du Tour de France, Paul Seixas. Avec Lenny Martinez et Paul Magnier, il forme un trio qui emmènera une jeune génération de cyclistes français bourrés de talent.
Avec un tel foisonnement de distractions, que pèseront pendant ce temps les prestations des candidats à l’élection présidentielle ?
À l’approche de la présidentielle, les chaînes d’information se mettent en ordre de marche pour couvrir au mieux la campagne électorale. À cette occasion, les directeurs de la rédaction changent de chaîne. Ainsi, celui de France Info TV, Romain Messy, retourne à LCI. Tandis que Bastien Morassi, qui occupait le poste, quitte la chaîne du groupe TF1 pour rejoindre BFMTV comme directeur général adjoint.
À France Info TV, Philippe Corbé, lui-même transfuge de BFMTV et nommé directeur de l’information de France Télévisions en janvier dernier, recrute son ancien collègue Nicolas Marut et place Neila Latrous à la tête du service politique de France Télévisions.
Ce jeu de bonneteau entre professionnels du secteur vise à consolider l’expertise de chaque chaîne alors que la course à l’audience n’a jamais été aussi vive. À France Info TV, l’objectif est aussi de répondre aux critiques de la commission de l’audiovisuel. Le 10 mai, la chaîne a encore commis une boulette en diffusant en différé un ancien discours d’Édouard Philippe à la place de celui qu’il avait prononcé ce jour-là devant ses cadres.
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