Par Valérie Lecasble avec Sylvie Pierre-Brossolette
La rumeur est insistante dans le microcosme. Elle est même relayée par Emmanuel Macron : après sa lourde condamnation à cinq années d’inéligibilité avec exécution provisoire en première instance, les juges n’oseraient pas éliminer Marine Le Pen de la course à l’élection présidentielle lors de leur jugement en appel le 7 juillet.
Il leur suffirait de réduire pour cela le nombre de ses années d’inéligibilité.
Cela inquiète la droite, qui pense Jordan Bardella plus facile à battre en raison de sa jeunesse et de son inexpérience. Et, s’il devait être élu, plus facile à faire rentrer dans le rang, à l’instar de Giorgia Meloni en Italie.
La probable nomination de Jean-Noël Buffet au poste de Défenseur des droits fait des vagues. Ancien ministre délégué à l’Intérieur auprès de Bruno Retailleau, le sénateur du Rhône a pris des positions hostiles aux droits LGBT et à la constitutionnalisation de l’IVG. Dans une institution supposée défendre les minorités et les précaires, son conservatisme fait tache.
Pourquoi donc Emmanuel Macron a-t-il choisi un profil aussi controversé ? Parce qu’il aurait passé un deal avec Bruno Retailleau : en échange de cette nomination d’un proche du Vendéen, les troupes LR ne barreraient pas la route à la désignation d’Emmanuel Moulin, l’ex-directeur de cabinet de l’Élysée, comme gouverneur de la Banque de France. Moulin a été nommé. C’est au tour de Buffet…
En dépit de sondages modestes, Dominique de Villepin affirme qu’il se présentera en tout état de cause. Mais pas maintenant. La pléthore de candidats n’a rien pour le décourager, au contraire.
« Il y aura trois saisons, explique-t-il en privé, dans une métaphore météorologique : les candidats du printemps, qui se sont déjà déclarés ; ceux de l’automne, quand une première décantation aura eu lieu et que d’autres apparaîtront ; ceux de l’hiver, enfin, quand les feuilles seront tombées et que les choses se cristalliseront. Ce ne seront pas forcément les mêmes. »
Il a déjà préparé son manteau et son cache-col…
Ministre en retrait, qui vient de publier un essai apologétique – et érotique – fort bien troussé, Bruno Le Maire n’est guère optimiste. « Partout, je sens monter la vague dégagiste, notamment chez moi en Normandie, terre de modération. Le RN est solidement installé en tête, dit-il, et Mélenchon progresse. »
Un duel RN-LFI au second tour n’a, selon lui, rien d’improbable…
C’est la ruée des responsables politiques aux prochaines Rencontres économiques qui se tiendront à Aix-en-Provence du 2 au 4 juillet. Ce grand raout annuel, qui réunit tout ce que le microcosme compte de grands patrons, dirigeants d’instances françaises et internationales, experts et conseillers, constitue une belle tribune pour qu’ils y défendent leurs idées.
Sébastien Lecornu, Roland Lescure, Jean-Noël Barrot, Philippe Baptiste y seront pour le gouvernement, rejoints en cette année d’élection présidentielle par Xavier Bertrand, mais aussi François Hollande ou Édouard Philippe.
Cette année, les 420 intervenants, 55 think tanks, 5 000 visiteurs quotidiens et plus d’un million d’internautes disserteront sur les thèmes de la jeunesse, du multilatéralisme et d’un monde en progrès pour que la troisième guerre mondiale soit évitée.
Précieux, quand Davos, repris par l’investisseur BlackRock, devrait émigrer aux États-Unis.
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