LA VICTOIRE EN TOC
Obtenant un cessez-le-feu fragile, Trump crie désormais victoire, clamant qu’il va obliger l’Iran à des concessions majeures. Mais, pour l’instant, le résultat de cette guerre fait douter les plus fervents partisans de l’Amérique.
Drôle de guerre, décidément. La première armée du monde attaque l’Iran, alliée à la première puissance militaire de la région. Résultat : au moment où arrive le cessez-le-feu, on se demande à quoi a vraiment servi l’opération « Fureur épique ».
Un cessez-le-feu aux résultats incertains
Le changement de régime ? Il consiste à remplacer des mollahs fanatiques par des Gardiens de la Révolution encore plus fanatiques. La puissance de feu de la République islamique ? Elle est certes amoindrie, mais existe toujours et pourra être reconstituée. La marche vers l’arme nucléaire ? On n’en sait pas plus qu’au début du conflit : les stocks d’uranium enrichi sont sous terre sans qu’on sache à quel endroit ni comment on pourra les contrôler. L’ouverture du détroit d’Ormuz ? Pas de quoi bomber le torse : il était ouvert avant la guerre et les Iraniens prétendent maintenant le prendre en main. Quant au peuple iranien, il se retrouve soumis à une répression encore plus féroce et le régime peut s’enorgueillir d’avoir résisté à une offensive massive, gagnant ainsi un prestige inédit parmi les mouvements islamistes et auprès du « Sud global ». Comme dit Trump : une réussite « à 100 % »…
L’image affaiblie de la puissance américaine
L’OTAN, disait le président américain, est « un tigre de papier ». Et si, finalement, c’était lui, le tigre de papier ? Il convoite le Groenland : le déploiement d’une poignée de soldats européens sur la grande île du Nord le fait reculer. Il prétend convaincre son ami Poutine et arrêter la guerre en Ukraine : le conflit se poursuit inébranlablement et l’« ami » Vladimir mène l’Amérique en bateau. Il annonce enfin la paix à Gaza et dans tout le Moyen-Orient : les Gazaouis continuent de souffrir et la région est à feu et à sang. Entre-temps, l’OTAN est plongée dans l’incertitude et l’alliance transatlantique a volé en éclats.
Devant ce bilan calamiteux, accompagné des insultes et des borborygmes qui émanent de la Maison-Blanche, une escouade de députés américains affirme que Donald Trump n’a plus toute sa tête et parle à haute voix de sa destitution. Qui peut leur donner tort ?
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