LES COULISSES EN LIGNE
Primaire PS : et maintenant, le Comité d’organisation
Y a plus qu’à… La primaire sociale-démocrate, une fois actée, les opposants à Olivier Faure attendent qu’il convoque un Bureau national, possiblement le 15 juillet, lendemain du mardi 14 où il aurait dû se tenir, mais qui est férié. Ils surveillent son implication alors qu’il a échoué à imposer sa primaire d’union de la gauche.
Le Bureau national devra installer un Comité d’organisation, composé d’une dizaine de membres représentatifs des trois courants du PS, et qui sera chargé de régler les modalités de cette primaire. Les questions restent nombreuses : à quelle date aura-t-elle lieu ? Fin octobre, sans doute, le temps de la préparer et de laisser passer les élections sénatoriales du 27 septembre. Quels parrainages pour être candidat ? Si le principe paraît acté – Raphaël Glucksmann l’a imposé –, personne ne sait encore qui seront les parrains : 50 maires, 100 élus, 10 % des membres du Conseil national ? Et parmi les candidats putatifs, qui décrochera ou non les parrainages ? Soutenu par Nicolas Mayer-Rossignol et Carole Delga, Raphaël Glucksmann les obtiendra haut la main. Mais quid d’une Ségolène Royal, dont la candidature vient tout juste de surgir ? Enfin, entre les 2 euros et les 20 euros jusqu’ici évoqués, quel sera le prix final pour voter ?
Des discussions animées en perspective, tant le choix des conditions peut influer sur le sort des candidats. Les dirigeants socialistes vont-ils retarder leurs congés ?
Le compromis refusé par Olivier Faure
Mardi 7 juillet se tenait la dernière réunion en vue du vote du 9 juillet, qui devait départager les deux primaires, élargie à l’union de la gauche ou resserrée sur les sociaux-démocrates. Sont présents, parmi les dix participants : Olivier Faure, Pierre Jouvet, Boris Vallaud, Patrick Mennucci, Hélène Geoffroy… L’une des pommes de discorde est le montant de la cotisation dont il faut s’acquitter pour voter : Olivier Faure propose 2 euros pour drainer l’électorat le plus large. Les autres veulent plus, jusqu’à 20 euros, pour éviter une manipulation des Insoumis dans les urnes.
Au moment de se quitter, Patrick Mennucci, dans une toute dernière question en signe de conciliation, propose à Olivier Faure de couper la poire en deux, à 10 euros.
Celui-ci refuse et campe sur sa stratégie. Plutôt perdre que d’y déroger.
Marine Le Pen menace plus la gauche que Bardella
La dernière étude d’OpinionWay pour Les Échos le confirme : le pouvoir d’achat reste de loin (62 %) la première préoccupation des Français, devant la santé (57 %) et la sécurité (52 %). Or, le Rassemblement national a préempté le pouvoir d’achat depuis si longtemps qu’il a pu conquérir, face à la gauche, le vote des ouvriers et des classes populaires.
Voilà en partie pourquoi la candidature de Marine Le Pen à la présidentielle paraît plus menaçante pour la gauche, y compris celle de Jean-Luc Mélenchon, que ne l’était celle de Jordan Bardella. Cela fait en effet des lustres que la fille de Jean-Marie Le Pen exploite le thème du pouvoir d’achat avec des accents que certains, à droite, qualifient de socialistes. Sans aller jusque-là, il est indéniable que la fibre sociale de Marine Le Pen est largement plus développée que celle de Jordan Bardella, un libéral qui aime s’attirer les faveurs des patrons, contrairement à la désormais candidate à l’Élysée, qui n’en a cure.
Les deux thèmes prioritaires suivants, que sont l’immigration (44 %) et les retraites (42 %), consolident sa position. Marine Le Pen souhaite en effet fixer l’âge légal à 62 ans – 60 ans pour les carrières longues – tandis que Jordan Bardella privilégie plutôt la durée de cotisation. Encore une pierre dans le jardin de la gauche.
Quant à la sécurité et à l’immigration, pas besoin de faire un dessin pour savoir que les deux thèmes lui sont naturellement attribués.
Résultat : dans le sondage Elabe du 12 juillet, la leader du RN remporte le second tour de l’élection présidentielle dans toutes les configurations avec un score de 67,5% face à Jean-Luc Mélenchon, à 52% face à Édouard Philippe.
Rififi au groupe socialiste du Sénat
Rachid Temal, Michaël Weber, Éric Kerrouche : ils sont au moins trois à vouloir briguer la présidence du groupe socialiste au Sénat lors du scrutin du 30 septembre, dans la foulée des élections sénatoriales. Pas forcément parce qu’ils sont de courants opposés à Patrick Kanner, qui préside le groupe depuis huit ans. Mais plutôt parce qu’ils se disent plus rassembleurs, jugeant que Kanner tire trop la couverture à lui. Ils reprochent à ce fin manœuvrier d’utiliser le groupe pour des objectifs politiques personnels.
Si Rachid Temal, connu et apprécié dans les rangs du Sénat, a déjà annoncé sa candidature, les deux autres attendraient de connaître le résultat des élections pour se déclarer. C’est en effet en fonction des sensibilités des sénateurs élus que les uns ou les autres auront les meilleures chances de l’emporter. Gageons que Patrick Kanner n’a pas dit son dernier mot.
LIBREJOURNAL : Je fais un don défiscalisé
Le meilleur de la semaine
Les 5 articles les plus lus
L'ÉDITORIAL Tondelier minable
La cheffe des Verts, en bonne sous-marine de LFI, attaque Raphaël Glucksmann sur ses origines sociales. Une bonne manière d’élever le niveau du débat à gauche… Lire l’article
L'ÉDITORIAL Quelques rappels sur le danger LFI
Dans le désordre ambiant à gauche, certains éprouvent la tentation d’un vote Mélenchon. Ils doivent savoir à quoi cela les engage… Lire l’article
L'ÉDITORIAL Le Pen : la régression nationale
Condamnée et candidate… La cheffe du RN prétend se présenter à la présidentielle sur la base d’un pourvoi fumeux en cassation, après deux condamnations infamantes pour détournement de fonds, l’une en première instance, l’autre en appel. Et personne ne se gendarme devant ce recul spectaculaire de la morale publique… Lire l’article
INSIDE JOB Le PS poursuit son auto-effacement
Huit ans après l’arrivée d’Olivier Faure à sa tête, le Parti socialiste traverse l’une des crises les plus profondes de son histoire. Le vote des militants dépasse désormais le sort du premier secrétaire : il pose celle de l’avenir même du parti. Lire l’article
BINÔME AVEC JORDAN BARDELLA Marine Le Pen, en force vers la présidentielle
Elle se lance dans la bataille pour l’Élysée. Libérée de son inéligibilité, la cheffe du RN balaie d’un revers de main sa condamnation pour détournement de fonds publics. Elle déposera un pourvoi en cassation pour démontrer, affirme-t-elle, son innocence. Recours légitime, ou passage en force ? Lire l’article
