LFI ET QUENTIN D.
Le mouvement de Jean-Luc Mélenchon n’a certainement pas voulu la mort de Quentin D., ni ordonné l’opération menée par les antifas. Mais il devra probablement répondre de ses liens organiques avec le groupe activiste violent mis en cause dans le drame.
Tout de même, l’affaire est très problématique pour La France insoumise. Bien sûr, celle-ci n’a en rien souhaité la mort de quiconque. Bien sûr, le mouvement de Jean-Luc Mélenchon a toujours récusé toute stratégie révolutionnaire illégale, condamné l’action violente et expliqué qu’il souhaitait mettre en œuvre son programme « de rupture » par la voie des urnes et non par des voies insurrectionnelles. Mais enfin…
Il est clair que Quentin, le jeune sympathisant d’extrême droite, venu sans doute rendre service à sa mouvance en rejoignant le service d’ordre qui accompagnait les activistes xénophobes de l’association Némésis — laquelle impute aux migrants l’essentiel des agressions contre les femmes —, a été tué au cours d’une rixe déclenchée par des militants antifa. L’une des deux vidéos rendues publiques montre bien que ces activistes ont violemment frappé trois adversaires à terre, en s’acharnant sur l’un d’eux à coups redoublés.
L’enquête cible La Jeune Garde
Pour le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez, qui avait accès aux derniers développements des investigations de police, « l’enquête permettra de confirmer ou pas si c’étaient des militants de La Jeune Garde. Mais les témoignages vont en ce sens, manifestement ». Le procureur de la République tiendra aujourd’hui une conférence de presse. Il est possible qu’il dise autre chose. Mais on doute que Laurent Nunez se soit avancé sans biscuits.
Dans ce cas, la position de LFI deviendra plus délicate. Non que sa responsabilité directe soit nécessairement engagée. Les accusations précipitées de l’extrême droite contre LFI sont, à cet égard, grossières et outrancières. Mais si les meurtriers font effectivement partie de l’organisation dissoute La Jeune Garde, on rappellera immanquablement plusieurs faits embarrassants.
Des liens politiques mis en cause
Quelques jours avant le drame, Jean-Luc Mélenchon avait publiquement protesté contre la dissolution de groupe violent. Il a promu au poste de député LFI le fondateur de La Jeune Garde, Raphaël Arnault, plusieurs fois filmé au cours d’actions violentes et classé « fichier S » par la police. Son assistant parlementaire, Jacques-Élie Favrot, a quitté son poste quelques heures après la mort de Quentin D., et les membres de l’association Némésis assurent qu’il fait partie du commando qui a lynché la victime. Au vrai, le groupe dissous entretient des liens organiques avec LFI.
Si tout cela se confirme, chacun pourra constater que La France insoumise, à force de théoriser l’affrontement permanent, de concevoir le jeu politique comme un conflit « agonistique », selon la formule de la philosophe Chantal Mouffe adoptée aussi par Mélenchon, à force d’exalter « le bruit et la fureur », a participé consciemment à la dégradation du climat politique et encouragé les menées agressives des membres de La Jeune Garde.
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