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Dans le désordre ambiant à gauche, certains éprouvent la tentation d’un vote Mélenchon. Ils doivent savoir à quoi cela les engage…
Devant les palinodies qui ne cessent d’agiter le petit monde de la gauche réformiste, certains en viennent à envisager, en désespoir de cause, de se rallier à la candidature de Jean-Luc Mélenchon. La France insoumise, disent-ils, est organisée, efficace, claire dans ses buts. Elle mobilise une partie de la jeunesse et des quartiers ; le talent de son leader peut la conduire loin dans la compétition électorale.
Les orientations internationales de LFI
À ceux-là, dont on peut comprendre la tentation, il faut rappeler quelques vérités élémentaires qui devraient les faire réfléchir, plutôt que de s’en tenir à un jugement de force, qui se fonde sur la supériorité militante des Insoumis, non sur la pertinence de leur projet pour le pays.
Ce serait une drôle d’idée, tout de même, pour des électeurs de gauche, que de considérer que la raison du plus fort, quelle qu’elle soit, est toujours la meilleure. Ne doit-on pas aussi parler programme, mesures, orientations avant de se décider ? Et si l’on s’y astreint pour examiner sans polémique le programme de LFI, le jugement risque fort de changer.
Il s’agit d’abord de politique étrangère. Les Insoumis imputent aux Occidentaux la responsabilité réelle du conflit en Ukraine. En conséquence, ils sont très réticents à l’idée d’aider les troupes de Volodymyr Zelensky et considèrent qu’il faut apaiser, par de larges concessions, le courroux de Vladimir Poutine. Ce qui sonnerait probablement, par la défection de la France, le glas de la résistance ukrainienne.
LFI récuse la « militarisation » des sociétés européennes. Elle réprouve, en conséquence, les efforts de réarmement de l’Europe et prêche la sortie unilatérale de l’OTAN, alliance militaire à ses yeux agressive, au profit d’une neutralité purement défensive. C’en serait, dans ce cas, fini des tentatives d’émancipation militaire de l’Union, qui laisserait le champ libre à toutes les tentatives d’agression à l’est.
Les conséquences économiques
De la même manière, LFI considère qu’il faut désobéir à tout traité européen qui contredirait la politique mélenchoniste, s’affranchir de tout critère budgétaire européen et organiser le non-paiement intégral ou partiel de la dette. Cette politique revient à sortir de l’euro et, selon toute vraisemblance, de l’Union européenne.
Au nom de la « bifurcation », les mesures préconisées par LFI en matière socio-économique entraîneraient quelque 100 milliards de dépenses supplémentaires, financées soit par le surendettement, solution hautement dangereuse, soit par l’instauration d’une fiscalité confiscatoire sur les classes supérieures, au risque de provoquer un exil massif des capitaux et des sièges sociaux. Clémence Guetté en est consciente puisqu’elle prévoit tout benoîtement un affrontement majeur avec le monde de la finance et des marchés dès la victoire de son champion. Financièrement affaiblie, isolée en Europe, la France en sortirait vaincue, à l’image de la Grèce, et les premières victimes des mesures de redressement subséquentes seraient à coup sûr les classes populaires.
Un projet politique contesté
Enfin, le discours de LFI, en dépit des atténuations consenties par Jean-Luc Mélenchon pour les besoins de sa campagne, reste celui de l’affrontement systématique et de l’invective envers les adversaires, et même les alliés potentiels. Faut-il vraiment lancer la France dans cette confrontation politique intense, quitte à instaurer un climat de pré-guerre civile ?
On pourrait aligner bien d’autres traits inquiétants qui émaillent le projet de LFI : l’indulgence envers la Chine, l’étrange soutien à la dictature vénézuélienne ou encore la complaisance envers l’antisémitisme et le discours communautariste. Mais arrêtons-nous là pour rappeler une vérité simple : ceux qui voteront pour Jean-Luc Mélenchon approuveront, par construction, cette politique. La veulent-ils vraiment ?
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