LES COULISSES EN LIGNE
Ils ont choisi Édouard
Un coup à droite, un coup à gauche. Après avoir gêné Bruno Retailleau en obtenant le ralliement spectaculaire de Laurent Wauquiez, Édouard Philippe déstabilise Gabriel Attal, qu’il veut faire renoncer à la présidentielle avant la rentrée.
Son rassemblement du dimanche 5 juillet est l’occasion pour lui de mobiliser, de donner sa vision de la France et sa méthode pour la réformer, en espérant susciter l’envie de le suivre. Mais il se délecte surtout d’afficher la brochette de ministres macronistes qui se sont ralliés à lui.
En plus de ses soutiens traditionnels chez Horizons, et outre Maud Bregeon, porte-parole Renaissance du gouvernement qui s’est déjà déclarée, seront aussi présents pour l’applaudir à l’Adidas Arena : Astrid Panosyan-Bouvet, ministre du Travail et de l’Emploi, marcheuse de la première heure ; Mathieu Lefebvre, ministre Renaissance délégué à la Transition écologique ; le ministre de l’Enseignement supérieur Philippe Baptiste et celui du Commerce extérieur Nicolas Forissier, membre de LR. Et, last but not least, l’ex-président du groupe Renaissance à l’Assemblée nationale, Sylvain Maillard, qui s’est distingué en soutenant jusqu’au bout, aux côtés d’Emmanuel Macron, la candidature perdante de Rachida Dati à la mairie de Paris.
Pas sûr, cependant, que ces pierres dans le jardin de Gabriel Attal suffisent à Édouard Philippe pour regagner sa popularité auprès des Français. Selon le dernier sondage Odoxa, il a perdu 20 points en six ans.
François Hollande : la remontada tranquille
Pendant ce temps, l’ex-président de la République, dont l’impopularité record l’avait contraint à renoncer à briguer un second mandat il y a dix ans, remonte peu à peu la pente dans l’opinion. Ainsi, le dernier baromètre Elabe le classe en tête des personnalités préférées des électeurs de gauche, qui lui attribuent, à 46 %, une image positive. Il devance ainsi de quelques points François Ruffin (45 %), Raphaël Glucksmann (42 %), Jean-Luc Mélenchon (41 %) et Fabien Roussel (41 %).
Auprès de l’ensemble des Français, il accède à la neuvième place (25 %) et conserve la tête à gauche devant Raphaël Glucksmann (23 %).
PS : le va-tout de Faure
Dans moins d’une semaine, le 9 juillet, les militants du Parti socialiste répondront à deux questions en vue de l’organisation de l’élection présidentielle, à savoir : préférez-vous une primaire élargie à toute la gauche à 2 euros le vote, ou bien une primaire réservée aux seuls militants et sympathisants socialistes à 20 euros le vote ?
Les opposants à Olivier Faure cocheront la seconde question. Pour plusieurs raisons : il s’agit, disent-ils, de choisir entre « une méthode floue et une méthode claire », « un candidat provisoire et un candidat mandaté », « une double primaire et une vraie stratégie présidentielle », et « la dilution des militants ou leur respect ».
Un argumentaire qu’ils ont diffusé à leurs troupes et grâce auquel ils espèrent l’emporter…
Encore faut-il pouvoir voter…
C’est la bronca parmi les premiers fédéraux du Parti socialiste, qui ont dû se résigner à accepter le vote du 9 juillet. Ils s’indignent que le scrutin, qui requiert une présence physique, les oblige à se déplacer, parfois sur plusieurs centaines de kilomètres, en pleine chaleur et alors que les vacances scolaires ont débuté. Malgré cela, ceux qui réclament un vote électronique se sont heurtés à une fin de non-recevoir.
C’est que le vote électronique du 25 juin en faveur du programme du Parti socialiste s’est transformé en Bérézina. Selon la lettre envoyée par David Assouline à Pierre Jouvet, des « dysfonctionnements inédits et graves » se sont produits ce jour-là. En vrac : de nombreux adhérents n’ont pas reçu le courriel nécessaire à leur vote, ou bien ils l’ont reçu alors que le scrutin était déjà clos ; les adresses Orange ou Wanadoo se sont trouvées largement dans l’impossibilité de voter ; plus de 3 000 réclamations ont été envoyées au siège du PS sur 10 000 votants ; huit fédérations ont été dans l’impossibilité de voter ; le corps électoral a été modifié au dernier moment ; et la commission de recollement n’a tout simplement pas eu lieu.
Rien que cela… Ces dysfonctionnements ont créé un tel climat de défiance qu’il est hors de question qu’ils se renouvellent le 9 juillet.
Maires de gauche : Laignel impose son poulain
Contrairement au foutoir du vote électronique au Parti socialiste, celui de l’élection du premier vice-président délégué de l’Association des maires de France (AMF) a été réglé comme du papier à musique. Le taux de participation exceptionnel de 100 % et la gestion du scrutin par un partenaire indépendant ont assuré la légitimité, comme leader des maires de gauche, du poulain d’André Laignel, appelé à lui succéder après son échec aux dernières municipales.
C’est ainsi que le maire social-démocrate de Bourg-en-Bresse depuis 2008, Jean-François Debat, a été élu bras droit du LR David Lisnard. Une recrue de choix. Outre qu’il préside le prestigieux Comité des finances locales, il a aussi su renforcer l’attractivité de sa ville, développer ses mobilités douces, tout en restant ferme sur les questions de sécurité.
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