MACRON, MÉLENCHON : LA DOUBLE GAFFE - La réaction symétrique du président de la République et celle du chef de la France insoumise à l’intervention américaine au Venezuela expose une nouvelle fois leur dangerosité politique.
Il faut se méfier du premier mouvement, disait Talleyrand, c’est toujours le bon. Le « diable boiteux », ministre de Napoléon, mettait en garde contre la spontanéité en politique, qui révèle, à ses dépens, la vraie nature de celui qui parle. Voilà un conseil de roué que deux personnages auraient dû méditer : Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon.
Macron et le silence sur l’attaque américaine
Habitué aux coups de tête malheureux – voir la dissolution de 2024 –, le président de la République a une nouvelle fois fait preuve de sa maladroite réactivité. « Le peuple vénézuélien est aujourd’hui débarrassé de la dictature de Nicolás Maduro et ne peut que s’en réjouir », a ainsi écrit sur X le chef de l’État, sans dire un mot des attaques américaines qui ont abouti à la capture du président vénézuélien.
C’était en une phrase commettre trois erreurs : le peuple vénézuélien ne peut encore se réjouir, puisque le régime Maduro reste en place sans son chef et qu’on ignore les intentions des uns et des autres dans les semaines qui viennent ; en omettant de parler de l’attaque américaine, Emmanuel Macron passe sous silence la flagrante violation de ce droit international dont la France devrait pourtant être la première avocate ; il est probable, enfin, que Donald Trump se soucie comme de sa première casquette MAGA de l’accès des Vénézuéliens à un régime de liberté, et beaucoup plus de l’accès des Américains aux réserves pétrolières du pays. Trois bévues en un tweet : record battu.
Mélenchon et l’oubli du bilan Maduro
Même précipitation et même boulette (quoique symétrique) pour Jean-Luc Mélenchon. Le leader de la France insoumise condamne avec fureur l’attaque américaine et l’enlèvement de Maduro, mais ajoute dans le même élan qu’il souhaite son retour au pouvoir, sans un mot pour rappeler, ne serait-ce que sous forme de réserves, le désastreux bilan du dictateur vénézuélien. Pour Jean-Luc Mélenchon, l’effondrement de la production, l’explosion de la pauvreté, une inflation cataclysmique, le truquage éhonté des élections et l’exil de millions de Vénézuéliens n’entament pas d’un iota son enthousiasme pour cette expérience de gauche radicale qui a ruiné un pays et enfermé un peuple. Ce soutien perinde ac cadaver, fondé sur un dogmatisme à front bas, jette une lumière sinistre sur les intentions réelles de l’Insoumis en chef si d’aventure il arrivait au pouvoir. Le cri du cœur de Mélenchon révèle son intention profonde : il se voit très bien en Maduro à la française, l’enlèvement en moins. Au moins sommes-nous prévenus…
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