Un rapport du Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes décrit sans fard les pratiques de l’industrie pornographique
Imaginons – un instant – une chaîne de télé hertzienne en difficulté financière qui décide un jour de ranimer ses audiences et diffusant des films pornographiques à flot continu. Ainsi dans le salon des braves gens, sur l’écran familier et familial, se déverseraient sans limite des scènes de double pénétration, de jeux sado-masos, de pratiques zoophiliques, de vidéos simulant la violence envers les femmes ou bien frôlant les lignes rouges de la pédo-criminalité. Une heure plus tard, au plus, la levée de boucliers de l’opinion, l’indignation des parlementaires de tous bords, la réaction des autorités de régulation, mettraient évidemment fin à ce scandale. Avec un argument définitif : comment une chaîne hertzienne ayant pignon sur rue peut-elle diffuser des images heurtant à ce point les enfants et la grande majorité de leurs parents ? Exit ce canal par qui le scandale arrive…
Or cette chaîne existe. Ou, plus exactement, une myriade de chaînes de ce type sont en fonctionnement, accessibles sur les innombrables écrans numériques que tous, enfants compris, peuvent consulter sans limite partout et à toute heure de la journée ou de la nuit. Nouvel exemple de l’extravagant privilège dont disposent les grandes plates-formes numériques : elles peuvent, en toute impunité, diffuser massivement ce qui est prohibé sur tous les autres médias. C’est l’aberration que dénonce Sylvie Pierre-Brossolette, présidente du Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCE) en publiant un rapport intitulé « Pornocriminalité, qui sera remis mercredi 27 septembre à Bérangère Couillard, la ministre déléguée chargée de l’égalité femmes-hommes.
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