Par Valérie Lecasble avec Sylvie Pierre-Brossolette
Fi de ses opposants ! Olivier Faure demeure convaincu que pour devancer Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle, un seul candidat de la gauche unie doit concourir. Aussi récuse-t-il l’offensive que mène Boris Vallaud en faveur d’une candidature issue du Parti socialiste, qui entraînerait, assure-t-il, celles des Tondelier, Ruffin et autre Clémentine Autain.
Comment s’y prendre ? Bloqué par la levée de boucliers contre son projet de primaire, il se dit tenté par le vote préférentiel, une méthode qui avait été envisagée pour Christiane Taubira. Tous les candidats concourent et se voient attribuer par l’ensemble des votants des notes ou points, en fonction de leur rang de préférence, et dont le cumul permet de calculer la meilleure moyenne qui désigne le vainqueur.
C’est la manière, dit-il, tout à la fois d’inclure en un seul vote tous les candidats et d’exclure les deux bouts de l’omelette pour capitaliser sur le centre, en éliminant les trop à droite (Glucksmann) et les trop à gauche (Ruffin). Ainsi, dit-il, sera sélectionnée la personnalité la plus consensuelle, capable de rassembler tous les électeurs, de Jean-Luc Mélenchon à Edouard Philippe. Un portrait-robot d’…Olivier Faure ?
Le hic est qu’Olivier Faure plafonne entre 5 à 8 % au mieux dans les sondages. Une bonne raison de ne pas se presser et d’attendre la rentrée avant de sélectionner un candidat. Il ne serait pas le seul sur cette ligne, alors que François Hollande mise aussi sur le temps pour monter en puissance.
Comme un fait exprès, c’est le moment que choisit son proche conseiller, Robert Zarader pour émettre l’hypothèse dans une interview au Figaro, selon laquelle « l’ère des tickets est peut-être venue, avec des candidats qui indiqueraient d’emblée qui sera leur Premier ministre ». Tiens, tiens, une bonne façon d’embarquer aux côtés d’Hollande ou d’un autre, le Premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure ou un autre, sans lequel aucune candidature à la présidentielle n’est jouable ?
Le ticket Président de la République (PR)- Premier ministre (PM) peut se révéler tentant qui réussit si bien pour l’instant au couple Marine Le Pen-Jordan Bardella.
Edouard Philippe va piano. Soucieux de ménager sa monture alors qu’il fait la course en tête des challengers du Rassemblement National à la présidentielle de 2027, le patron d’Horizons réunira ses cadres le 10 mai. Il leur proposera un positionnement auquel il réfléchit encore pour conjuguer un potentiel électoral élargi vers le centre, voire la gauche, et la nécessité d’attirer à lui les grands barons de la droite (Retailleau, Attal, Darmanin) s’il veut être le seul à concourir à droite.
Une équation complexe qu’il présentera la première quinzaine de juillet (au lieu du 12 avril comme initialement prévu) à ses soutiens lors d’une grande réunion publique qu’il devrait tenir à Paris.
Paul Hermelin, le président de Capgemini qui dirige Entreprise et Cité depuis cinq ans avait lancé l’invitation. Pas bégueule, ce club très sélect de patrons, reçoit ce soir-là Marine Le Pen pour mieux se connaître et comprendre ce qu’elle a dans le ventre. Après un long exposé de la leader du RN, ils sortiront déçus par le niveau de ses propositions. Non seulement, elle a parlé tout le temps et ne les a guère écoutés. Mais, en plus, ils continuent à la trouver trop étatiste. Parmi la brochette de patrons où figurent notamment Patrick Pouyanné (Total), Cyrille Bolloré (Groupe Bolloré) et Sébastien Bazin (Accor), le plus atterré par le niveau économique de la dame est Bernard Arnault. Le patron de LVMH qui consacre la Une de son magazine Paris-Match au couple que forment Bardella et la princesse de Bourbon pencherait plutôt pour le jeune homme s’il n’était encore aussi vert.
L’embauche du nouveau conseiller spécial de Bardella, François Durvye, ex-dirigeant du fonds d’investissement Otium Capital fondé par Pierre-Edouard Stérin, devait convertir le RN au libéralisme. Présent ce soir-là, le polytechnicien, biberonné à la finance, est proche d’Ambroise de Rancourt, le directeur de cabinet de Marine Le Pen, un ex-insoumis, déçu de Mélenchon.
La preuve que ce beau linge s’emploie à tisser les liens entre le monde patronal et le RN qui s’en réjouit. A bon entendeur…
En revenant de son audition devant la commission d’enquête sur l’audiovisuel public mercredi, Delphine Ernotte a fêté sa prestation avec son équipe au siège de France Télévision. Malgré la tension ambiante, elle s’est félicitée d’avoir à plusieurs reprises rivé son clou au rapporteur d’extrême-droite Charles Alloncle. En particulier sur les questions financières où le député a été contredit, chiffres officiels à l’appui. Elle a ainsi été au diapason d’un autre patron des médias, Xavier Niel, qui avait avant elle, mené l’assaut contre la mauvaise foi du rapporteur.
Entre Boris Vallaud qui veut construire une coalition autour d’un candidat socialiste ; d’autres qui préfèrent un congrès extraordinaire ; et Olivier Faure qui tente de sauver sa petite primaire, la tension est à son comble au Parti socialiste où chaque mardi le Bureau national est l’occasion d’une nouvelle altercation. Lire l’article
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