LES DERNIERS EXPLOITS DE RIMA HASSAN
La France insoumise s’indigne d’avoir été classée à l’extrême gauche par le gouvernement. Mais, au même moment, les déclarations d’une de ses élues, Rima Hassan, confortent la décision.
Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, a donc classé, dans la nomenclature électorale officielle, la France insoumise « à l’extrême gauche ». Aussitôt, les leaders mélenchonistes ont poussé des cris d’orfraie, fustigeant, avec des pudeurs de gazelle, une manœuvre pernicieuse de la macronie. Émouvante protestation…
La décision est bien sûr politique, lestée d’arrière-pensées électorales. Mais LFI doit-elle s’en étonner ? Pour un esprit candide, un parti politique qui refuse toute démocratie interne, qui dénonce à son de trompe « le système », qui en appelle régulièrement à la rue, qui fait l’éloge de la dictature chaviste au Venezuela, qui refuse de tenir la Chine pour une dictature, qui s’abstient pendant des mois après le massacre du 7 octobre de considérer le Hamas comme une organisation terroriste, qui théorise « le bruit et la fureur » et qui a pour principe de rechercher l’antagonisme en toute chose, peut-il passer pour modéré ?
Rima Hassan, insultes et accusations en rafale
Si l’on a un doute sur le mot « extrême », au demeurant, on se référera aux toutes récentes déclarations de l’une des députées les plus connues de LFI, l’inénarrable Rima Hassan. Mécontente d’une déclaration du sénateur Duplomb, qui voudrait remettre à l’ordre du jour la loi qu’il a dû abandonner l’été dernier, chose tout à fait critiquable au demeurant, elle passe avec allégresse la ligne rouge de la polémique : « Plus de 2 millions de Français et Françaises s’y opposent mais cette ordure revient à la charge. Je me demande combien il a pris des lobbies de l’agro-industrie. » Insulte grossière, accusation de corruption non prouvée, telle est la méthode « agonistique » de LFI.
Au même moment, un journaliste du Parisien pond un papier qui déplaît à Madame Hassan. Dans le quotidien, Robin Korda décèle dans l’affaire Epstein l’influence des services russes. Aussi la réponse fuse : « @robinkorda a signé ce papier. Pour mieux nous faire oublier la piste du Mossad », a-t-elle d’abord lancé avant d’ajouter : « Vous êtes payé combien pour mentir et désinformer ? » Encore l’attaque financière au-dessous de la ceinture qui a suscité une protestation courroucée de la société des rédacteurs du Parisien.
Mais le meilleur est à venir. Dénonçant par ailleurs ses ennemis « sionistes », Rima Hassan leur adresse sur les réseaux, déversoirs de haine, cet avertissement lugubre : « Aux sionistes qui me lisent, je veux leur dire : vous êtes pour nous ce que les nazis étaient pour vous. Et ça vous suivra et hantera jusqu’à la fin des temps, jusqu’à la dernière goutte de sang, nous résisterons. » Ainsi, elle mange le morceau. Comme on le sait, Hitler ne s’est pas attaqué aux « sionistes » mais aux Juifs en général, hommes, femmes et enfants, pour les exterminer, y compris ceux qui n’étaient pas sionistes, tels, par exemple, les membres du Bund, organisation socialiste juive hostile au projet de création d’un État juif dans l’ancienne Palestine, déportés comme les autres.
« Extrême gauche » : le mot qui dérange
La phrase est donc limpide. Hassan veut dire en fait : « Aux Juifs qui me lisent », ce qui assimile, dans son propos, les Juifs en question aux nazis, figure antisémite désormais classique et proliférante, élaborée dans l’ignorance volontaire de la réalité historique. Le paradoxe va même plus loin. En matière de relations avec le nazisme, c’est le mouvement palestinien à ses origines qui porte un stigmate fort embarrassant. Tous ceux qui s’intéressent à l’histoire savent que le grand mufti de Jérusalem, Hajj Amin al-Husseini, l’un des premiers leaders palestiniens, dans les années trente et quarante, entretenait des relations cordiales et très politiques avec Adolf Hitler (en 1941, il est pris en photo au cours d’une souriante rencontre avec le Führer) et soutenait très officiellement sa politique anti-juive. Un fait bien connu que Rima Hassan ne mentionne guère…
Cette prise de position essentialiste et anti-juive de Rima Hassan devrait conduire à une réflexion supplémentaire. Au fond, dans la locution « extrême gauche », ce n’est pas le mot « extrême » qui devrait poser question quand on parle de la France insoumise. Mais plutôt le mot « gauche ».
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